Anders FAGER : Les furies de Boras

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Suede

INFOS ÉDITEUR

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Parution aux éditions Mirobole en janvier 2014

Parution aux éditions Pocket le 14 janvier 2016

Traduit par Carine Bruy

Une bande d’adolescentes quitte la boîte de nuit d’Underryd pour gagner la forêt en lisière : Sofie, Alexandra, Kari et les autres veulent poursuivre la fête ; la lande de Skanör voit s’écraser une météorite d’où émerge une créature avide; cent cinquante et une personnes convergent des environs de Stockholm pour un suicide collectif; une boutique d’aquariophilie est tenue par une femme étrangement proche de ses poissons… Dans ces contes horrifiques, Anders Fager s’empare des grands thèmes de la mythologie, du folklore et du fantastique pour créer des territoires sensuels et sombres, où il fait surgir des créatures d’épouvante.

Mais le monstre n’est pas toujours celui qu’on imagine. Avec un humour noir confinant à la jubilation, l’auteur construit ses récits à coups de petits détails dissonants qui font basculer un quotidien banal : dans cet univers de cauchemar, dans ce monde dévasté, violence et folie sont partout.

(Source : Mirobole – Pages : 352 – ISBN : 9791092145144 – Prix : 21,50 €)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Littérature de terreur nordique.

Les furies de boras. Des jeunes filles qui dansent dans la lande autour d’un homme. Les corps ondulent, se mélangent, à moitié dévêtues avec un couple comme ilier de l’action Etrange bacchanale qui finit dans un bain de sang. Une créature griffe, lacère les participantes. Sofie s’en sortira et imposera le silence à toutes. Une des leurs s’est volatilisée certainement dans une autre ville, nul ne sait ce qu’elle est devenue, cela sera le discours officiel…

Le voeu de l’homme brisé. Un village assiégé. L’espoir d’un père pour ses filles. Qu’elles s’en sortent. Qu’elles ne subissent pas les horreurs de la guerre : la violence et les viols… Mais la menace progresse de manière inexorable broyant tout sur son passage. Lorsque l’humain perd son humanité sous la domination des armes…

Fragment IV. Une comète. Un voyageur attiré par les coeurs qui battent. La chaleur animale que l’on peut absorber. Smulan qui erre sur la lande…

Joue avec Liam. Un petit garçon découvre un trou. Il y a pour lui dans ce terrier une créature qui l’appelle, qui a faim, très faim. Le petit garçon s’échappe de son école maternelle pour lancer de la viande dans l’espace sombre. Mais le dinosaure lui répétè “nourris moi, nourris moi”. Ira-t-il jusqu’à sacrifier un des membres de son corps ou un de ses petits camarades de classe ?

Fragment VII. Sofie est convoquée chez le proviseur. Des policiers sont là pour l’interroger sur la disparition de sa camarade Saga. La jeune femme ne flanche pas, elle ne la connaissait pas si bien que ça. Elle ne peut pas les aider. A peine les forces de l’ordre sorties, Sofie frappe le proviseur…

Trois semaines de bonheur. Malin vit au milieu de ses poissons dans une cave très humide. Elle les aime, elle est douée dans son domaine, elle a de nombreux clients. Elle a des soucis de peau, pour séduire, elle doit porter des couches de maquillage. Quand elle fait l’amour a un homme, les conséquences sont surprenantes…

Fragment IX. Les rencontres du net tout un programme. Robin semblait très viril mais lorsqu’elle l’a face à elle, Sofie déchante peu à peu…

Un point sur Västerbron. Sur un pont, une vague de suicides. D’où venaient ces gens ? Quel était le lien entre eux ?

Fragment X. Sussi est inquiète. Elle ne sait pas comment calmer et soigner sa chienne Smulan qui a l’air si mal. L’animal a juste trainer sur la lande ces derniers jours. Son compagnon Dejean ne supporte plus le bruit que fait l’animal et il aimerait le supprimer. Mais une créature bondit hors du corps de la bête…

Encore ! Plus fort ! Une institutrice qui joue à des jeux érotiques avec un de ces anciens élèves. Elle aime par dessus tout être asphyxiée pendant l’acte…

Fragment XII. Un homme qui ne veut plus se laver pour ne pas troubler les odeurs est dans le métro. Il traque les monstres qui sont autour de lui. Prêt à les tuer. Malin se tient à quelques mètres de lui…

L’escalier de service. Elvira fait des rêves étranges. Allongée sur le sofa de son psy, elle parle de ce grand escalier qu’elle descend. De ces mains qui lavent son corps et d’elle qui ne peut réagir.

Le bourreau blond. Sofie est sollicitée pour ses dons et ses capacités uniques. La veilleuse va apprendre de nouvelles choses sur son Ordre.

Les Furies de Boras est un recueil très particulier. J’ai eu dans un premier le sentiment de lire des nouvelles qui étaient distinctes les unes des autres. Puis je me suis aperçue que l’on retrouvait les personnages. Un roman avec une construction à coulisses et à tiroirs. La structure est très intéressante. Car même si au départ ce sont trois recueils de contes d’horreur que Mirobole a publié à en un seul volume en France, il y a une véritable évolution dans les récits.

Notamment le personnage de Sofie : énigmatique et violent. J’avoue j’ai eu un peu de mal avec l’aspect trash du premier texte intitulé “Les furies de Boras”, l’écriture est très réaliste j’ai eu l’impression de me prendre des lambeaux de chairs et des jets de sang en pleine figure.

J’ai un attachement plus particulier pour “Joue avec Liam” et “Trois semaines de bonheur”, j’ai vraiment été captivée par la lecture de ces récits même si j’ai fait des bonds vers la fin de ces histoires. Anders Fager a une écriture forte, incisive. Ces tranches de vie sont réalistes même si le fantastique a sa part. Il y a une dimension très forte du suspense et de la surprise. Une forme de naïveté pour les héros qui sont à la fois attachants mais un peu flippants.

Un point sur Västerborn est un récit que j’ai vraiment aimé. Lorsqu’une action qui parait totalement irrationnelle frappe une partie de la population. En l’occurrence, une vague de suicides qui surprend.

J’ai apprécié pouvoir découvrir Anders Fager, cet auteur de littérature fantastique suédois mais j’ai la lecture m’a laissé un peu déstabilisée. J’ai lu beaucoup de littérature de terreur que soit Stephen King, Lovecraft, James Herbert, Richar Laymon… mais là j’ai parfois eu du mal avec des scènes très trash. Il y a peut-être un état d’esprit, un état du moment, je n’avais pas forcément envie d’hyperviolence (Richard Laymon n’est pas lon plus un enfant de coeur…).

Pour conclure, je suis contente d’avoir lu cet auteur sans pour autant parler de coup de coeur.

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Co-fondatrice de Zonelivre.fr. Sophie PEUGNEZ est libraire, chroniqueuse littéraire pour le journal “Coté Caen” et modératrice de débat.

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