AUTEURS NORDIQUES (ou Scandinaves) de romans policiers, polars, thrillers, romans noirs

Voici une liste d’auteurs nordiques. Ce dossier est préfacé par l’auteur Olivier TRUC.

PRÉFACE D’OLIVIER TRUC

Olivier TRUCMa plongée dans le polar nordique a démarré massivement dès mon arrivée en Suède voici tout juste 20 ans, lorsque les adaptations télévisées des polars du couple Maj Sjöwall et Per Walhöö d’un côté, et d’Henning Mankell de l’autre, passaient en boucle sur le petit écran suédois. J’ai en partie appris le suédois avec eux. Du coup, j’ai peu lu de polars du nord jusqu’au phénomène Stieg Larsson, que je connaissais personnellement, quoi qu’uniquement comme journaliste spécialiste de l’extrême-droite. Depuis que je me suis moi-même lancé dans l’écriture, je lis un peu plus de polars nordiques, et je connais surtout de plus en plus d’auteurs du Nord. Je note que la vague du polar nordique donne une belle assurance à beaucoup d’entre eux. C’est positif, même s’il y a du déchet.

Je m’étonne tout de même que le grand Nord soit si peu sillonné par ces auteurs, car depuis que j’y traîne, je considère la Laponie, ses habitants et ses grands espaces comme une formidable terre de récits et d’épopées.

J’avoue d’ailleurs que cette indifférence – ou cette méfiance, ou cette crainte – de beaucoup d’auteurs et journalistes nordiques pour le grand Nord et les Sami est en grande partie à l’origine de mon intérêt pour cette région et les cultures qui l’animent. J’ai voulu comprendre pourquoi on en parlait si peu à Stockholm, et pourquoi la vision qui en était donnée était si souvent caricaturale, soit avec un côté image d’Epinal, culture sami sur papier glacé, soit au contraire avec un dédain pour une population peinte comme arriérée, quémandeuse de subventions et d’allocations, réfractaire au modernisme.

On s’attend à ce qu’il ne se passe rien dans ces territoires désolés et dépeuplés et mon défi personnel consiste à tenter de faire vivre cet espace qui bruisse de tous les mystères du monde. Si l’art du romancier est de donner corps et sens aux silences et aux vides, alors la Laponie est une extraordinaire terre de mission.

(c) Olivier TRUC 2014


Le petit mot de Sophie

La littérature policière nordique a toujours été synonyme de textes sur fond de critique social et historique. Des atmosphères particulières, des personnages avec des fortes personnalités. Une qualité littéraire qui a souvent incité les lecteurs de littérature blanche à se plonger également dans ces romans noirs scandinaves.

Dans les années 1970, les éditions Planète vont publier en France les écrits de SJOWALL et WAHLOO, que l’on considère maintenant comme les fondateurs du roman policier suédois, ils seront ensuite publiés par 10/18 et actuellement par les éditions Rivages. Le 01 décembre 2012, Maj SJOWALL a reçu le prix d’honneur Boréales/Région Basse-Normandie du polar nordique 2012 pour l’ensemble de son oeuvre.

Ensuite Henning MANKELL, Jo NESBO, Gunnar STAALESEN ont attiré un public de connaisseurs. Mais la sortie en 2006 en France du tome 1 de Millenium – Les hommes qui n’aiment pas les femmes va créer une véritable vague nordique. Les désormais célèbres couvertures noires et rouges de la collection Actes Noir vont attirer le public comme des aimants. Et après Stieg LARSSON, c’est sa compatriote Camilla LACKBERG qui va séduire de nombreux lecteurs.

Aujourd’hui les « classiques » côtoient des nouveaux auteurs.

Le festival LES BORÉALES rend hommage à la littérature nordique depuis XXVI ans. L’équipe de zonelivre.fr a décidé d’accompagner cette démarche en vous offrant ce dossier, des biographies, des chroniques…

La 27 ème édition du Festival Les Boréales se déroulera du 15 novembre au 26 novembre 2018. Les pays à l’honneur sont les pays baltes (Estonie, Lituanie, Lettonie) et les pays nordiques qui seront au centre d’une programmation qui cherchera, comme chaque année, à présenter la vitalité de la scène artistique nordique et balte en Normandie

Les week-ends littéraires auront lieu  à l’Auditorium du Musée des Beaux-Arts à Caen (14).

Pour la cinquième année : le Nordic Reading Club. Le « before ». Échanges, partages et découvertes autour du roman policier et de la littérature nordique. L’association Zonelivre en partenariat avec le Festival Les Boréales  te présentera une sélection de titres et t’invitera à partager tes coups de coeur. Rendez-vous en juin, octobre et novembre

Le Festival les Boréales – quinzaine pluridisciplinaire et festive : littérature, cirque, théâtre, danse, concerts, cinéma, exposition (Pour avoir la programmation complète : LesBoréales.com . Vous pouvez également suivre les news sur la page facebook du Festival Les Boréales)

Sophie PEUGNEZ


Classement par pays :

DANEMARKdenemark

  • Jussi ADLER OLSEN (Danois) : Enquêtes du département V (Albin Michel)
  • Kurt AUST (Danois) : La confrérie des invisibles (City)
  • Mikkel BIRKEGAARD (Danois) : « La librairie des ombres » (Fleuve Noir, 10-18 Domaine policier)
  • Sarah BLAEDEL (Danoise) : « Les filles oubliées » (Terra Nova) enquêtes de Louise Rick
  • Anders BODELSEN (Danois) : « L’éclipse » (L’Elan). Rouge encore (Autrement) (ou) Septembre rouge (Folio Policier). Mauvais calcul (Autrement)
  • Ole BORNEMANN (Danois) : La mort parle
  • Leif DAVIDSEN (Danois) : romans noirs (Babel Noir), enquêtes du commissaire Per Toftlund (Folio Policier)
  • Christian DORPH (Danois) : A écrit des romans policiers avec Simon PASTERNAK. Pas encore traduit en français, il me semble
  • Anna EKBERG (Danoise) : La femme secrète (Cherche Midi)
  • Elsebeth EGHOLM (Danoise) : « United Victims » (Cherche Midi) enquêtes de la journaliste Dicte Svendsen
  • Agnete FRIIS (Danoise) : L’enfant dans la valise (Fleuve Noir)
  • Sissel-Jo GAZAN (Danoise) : Le graphique de l’hirondelle (Mercure)
  • Jens Christian GRONDAHL (Danois) : Les Complémentaires (Gallimard)
  • Anna GRUE (Danoise) : « Le baiser de Judas » (Gaïa Polar)
  • Lotte HAMMER (pseudonyme du couple) Lotte JAKOBSEN (Danoise) et son frère Soren HAMMER : « Morte la bête », « Le Prix à payer » (Actes Noirs, Babel Noir) Inspecteur Konrad et son équipe
  • Merete Pryds HELLE (Danoise) : L’étreinte du scorpion (Gaïa)
  • Olav HERGEL (Danois) : « L’otage », « Origine étrangère » (Gaïa)
  • Morten HESSELDAHL (Danois) : romans noirs (Gaïa Polar)
  • Peter HOEG (Danois)
  • Flemming JARLSKOV (Danois) : enquêtes de Carl Kock chauffeur de taxi et détective privé (Aube Noire)
  • Flemming JENSEN (Danois) : « Le blues du braqueur de banque » (Gaïa)
  • Christian JUNGERSEN (Danois) : « L’exception » (LGF) Lésions dangereuses (Balland)
  • Lene KAABERBOL (Danoise) : L’enfant dans la valise (Fleuve Noir)
  • Michael KATZ KREFELD
  • Herman KREFELD
  • A.J KAZINSKI (Danois) : « Le dernier homme bon » (Lattès)
  • Erik OTTO LARSEN
  • Michael LARSEN (Danois) : romans noirs (Rivages Noir)
  • Kim LEINE (Dano-Norvégien) : Les prophètes du fjord de l’Eternité (Gallimard)
  • Simon PASTERNAK (Danois) : A écrit des romans policiers avec Christian DORPH. Pas encore traduit en français, il me semble
  • Bjarne REUTEUR (Danois) : « Le meurtre de Leon Culman » … (L’Elan)
  • Ane RIEL
  • Thomas RYDAHL
  • Jan STAGE (Danois) : polars basés sur son expérience en tant que correspondant de guerre
  • Helle STRANGERUP
  • Dan TURELL (Danois) : « Mortels lundis », « Meurtre à l’heure de pointe » (Aube Noir)
  • Erik VALEUR
  • Inger WOLF (Danoise) : « Nid de guêpes » (Mirobole Editions. Folio Policier) Mauvaises eaux. Enquêtes inspecteur Trokic

finlandFINLANDE

  • Päivi ALASALMI (Finlandaise) : « des gens heureux « (Presses Universitaire de Caen)
  • Johan BARGUM (Finlandais) : « la chambre noire », « la mallette noire » (Esprit Ouvert)
  • Monica FAGERHOLM (Finlandaise) : La fille américaine, Lola à l’envers
  • Pekka HILTUNEN (Finlandais) : Sans visage (Balland, Folio Policier)
  • Matti Yrjänä JOENSUU (Finlandais) : Les enquêtes de l’inspecteur Harjunpää (Folio Policier)
  • Seppo JOKINEN
  • Leena LEHTOLAINEN (Finlandaise) : Les enquêtes de Maria Kallio, « Femme de neige » (Gaïa Polar, J’ai Lu)
  • Martti LINNA (Finlandais) : Le royaumes des perches
  • Reijo MÄKI
  • Torsten PETTERSSON (Finlandais) : « Donne moi tes yeux » (Télémaque)
  • Ilkka PITKÄNEN
  • Matti RÖNKÄ (Finlandais) : « Frontière blanche » (L’Archipel)
  • Mauri SARIOLA (Finlandais) : Qui a tué le commissaire Wolf ? (Le Masque)
  • Jarkko SIPILÄ
  • Antti TUOMAINEN (Finlandais) : La dernière pluie (Fleuve Noir)
  • Mika WALTARI

islandeISLANDE

  • Gudbergur BERGSSON (Islandais) : Deuil
  • Thrainn BERTELSSON (Islandais) : pas encore traduit en français, il me semble
  • Steinar BRAGI (Islandais) : « Installation » (Métailié)
  • Pétur GUNNARSSON (Islandais) : Point point virgule tiret
  • Arnaldur INDRIDASON (Islandais) : « Betty », Les enquêtes du commissaire Erlendur (Métailié, Points Seuil)
  • Viktor Arnar INGOLFSSON (Islandais) : « L’énigme de Flatey » (Seuil)
  • Ragnar JONASSON (Islandais) : Snjor (La Martinière, Points Seuil), Mork
  • Audur JONSDOTTIR (Islandaise) : Tourner la page
  • Aevar Orn JOSEPSSON (Islandais) : Les anges noirs (Gallimard Série Noire)
  • Stefan MANI (Islandais) : « Noir Océan » (Gallimard Série Noire)
  • Ottar Martin NORDFJORD (Islandais) : Le sang d’Odin
  • Jon Ottar OLAFSSON (Islandais) : Une ville sur écoute (Presses de la Cité)
  • Lilja SIGURDARDOTTIR (Islandaise) : Piégée (Métailié)
  • Yrsa SIGURDARDOTTIR (Islandaise) : « Ultimes rituels »; « Je sais qui tu es » (Anne Carrière)
  • Ólafur Haukur SIMONARSON (Islandais) : « Le cadavre dans la voiture rouge » (Presses Universitaires de Caen, Points Seuil)
  • Jón Hallur STEFANSSON (Islandais) : « Brouillages », « L’incendiaire » (Gaia, Babel Noir) L’inspecteur Valdimar Eggertsson de la criminelle de Reykjavik
  • Arni THORARINSSON (Islandais) : Enquêtes d’Einar, le correspondant du Journal du Soir à Akureyri (Métailié, Points Seuil)

norvegeNORVEGE

  • Jørgen BREKKE (Norvégien) : Le livre des Johannes
  • Kjell Ola DAHL (Norvégien) : Enquêtes de Gunnarstranda et Frolich (Gallimard Série Noire, Folio Policier)
  • Torkill DAMHAUG (Norvégien) : La mort dans les yeux (Seuil policier)
  • Tom EGELAND (Norvégien) : La fin du cercle
  • Thomas ENGER (Norvégien) : mort apparente (Rocher)
  • Knut FALDBAKKEN (Norvégien) : Enquêtes du commissaire Valmann (Seuil, Points Seuil)
  • Karin FOSSUM (Norvégienne) : (J’ai Lu, Points Seuil)
  • Nicolaj FROBENIUS (Norvégien) : Je vous apprendrai la peur (Actes Sud) entre biographie romanesque et thriller psychologique.
  • Frode GRYTTEN (Norvégien) : Les contes de Murbolingen (Denoël)
  • Levi HENRIKSEN (Norvégien) : Du sang sur la neige (Presses de la Cité)
  • Stig HOLMAS (Norvégien) : Le condor (Gallimard Série Noire)
  • Anne HOLT (Norvégienne) : Les enquêtes de l’inspectrice HanneWilhelsem (Points Seuil)
  • Monica KRISTENSEN (Norvégienne) : « Le sixième homme (Gaïa Polar)
  • Unni LINDELL (Norvégienne) : Le 13 ème signe (Stock)
  • Oystein LONN (Norvégien) : La cinquième affaire de Thomas Ribe (Gallimard Série Noire)
  • Jon MICHELET (Norvégien)
  • Jo NESBO (Norvégien) : Les enquêtes de l’inspecteur Harry Hole (Folio Policier)
  • Gert NYGARDSHAUG (Norvégien) : Les enquêtes du détective gastronome Frédéric Drum. (J’ai Lu)
  • Morten Harry OLSEN (Norvégien) : « Tiré au sort » (Gaïa)
  • Arthur OMRE (Norvégien) : « Traqué » (Albert/Presses de la Cité 1945)
  • Ingelin ROSSLAND (Norvégienne) : Chasse à l’ange
  • Pernille RYGG (Norvégienne) : (L’Aube Noire)
  • Kjersti SCHEEN (Norvégienne) : enquête d’une ex-actrice Margaret Moss. pas encore traduit en français, il me semble
  • Fredrik SKAGEN (Norvégien) : Black Out (10-18)
  • KIM SMAGE (Norvégienne) : Les enquêtes de Anne-kin Halvorsen. Sub rosa (Presses Universitaire de Caen)
  • Bjorn SORTLAND (Norvégien) : La minute de vérité
  • Oyvind STROMMEN (Norvégien) : Journaliste spécialisé dans l’extrême-droite. La toile brune (Actes Sud)
  • Gunnar STAALESEN (Norvégien) : Les enquêtes du détective privé Varg Veum (Folio Policier)
  • Vidar SUNDSTOL (Norvégien) : Terre des reves
  • Jan Sverre SYVERTSEN (Norvégien) : jan sverre syvertsen
  • Kjetil TRY (Norvégien) : Noël sanglant (Gallimard Série Noire, Folio)
  • Chris TVEDT (Norvégien) : pas encore traduit en français, il me semble

swedenSUEDE

  • Stefan AHNHEM (Suédois) : Hors cadre
  • John AJVIDE LINDQVIST (Suédois) : « Laisse moi entrer » (Telemaque, Milady)
  • Rebecka ALDEN (Suédoise) : Le dernier péché (Denoël)
  • Tove ALSTERDAL (Suédoise) : Femmes sur la plage (Actes Noirs)
  • Karin ALVTEGEN (Suédoise) : thrillers psychologiques (Plon, JC Lattès, Points Seuil)
  • Alexander AHNDORIL (Suédois) écrit à quatre mains sous le nom de Lars KEPLER
  • Jan ARNALD (Suédois) écrit sous le nom de Arne DAHL
  • Carina BERGFELDT : Comment je vais tuer Papa (Black Moon)
  • Joakim BERGMAN : Prix nobel pour l’assassin (Le Masque)
  • Cilla et Rolf BöRJLIND : Marée d’équinoxe (Seuil)
  • Kjell-Olof BORNEMARK (Suédois)
  • Annika BRYN (Suédoise) : Pas encore traduit en français, il me semble
  • Christoffer CARLSSON : Le Lapin Borgne (Balland)
  • Camilla CEDER (Suédoise) : « Mémoires gelées » (Lattès)
  • Alexandra COELHO AHNDORIL (Suédoise) écrit à quatre mains sous le nom de Lars KEPLER
  • Arne DAHL (Pseudonyme – Voir Jan Arnald) : commissaire Jan-Olov Hultin (Seuil, Points Seuil)
  • Anders DE LA MOTTE (Suédois) : Le jeu – niveau 1 (Fleuve Noir)
  • Ulf DURLING
  • Ake EDWARDSON (Suédois) : Les enquêtes d’Erik Winter (Lattès, 10-18 Grands Détectives)
  • Carin Bartosch EDSTROM (Suédoise) : Furioso (JC Lattès)
  • Fredrik EKELUND (Suédois) : « Le garçon dans le chêne » (Gaïa Polar)
  • Kerstin EKMAN (Suédois) : « Crimes au bord de l’eau » (Actes Sud, Babel Noir)
  • Jerker ERIKSSON (Suédois) : voir Erik Axl Sund
  • Kjell ERIKSSON (Suédois) : « La princesse du Burundi », »Etoiles cruelles » … (Gaïa Polar, Babel Noir)
  • Anders FAGER (Suédois) : Les furies de Boras (Mirobole)
  • Ann Mari FALK : Madame est morte (Le Masque)
  • Magnus FALKEHED (Suédois) : Le modèle suédois
  • Inger FRIMANSSON (Suédoise) : « Bonne nuit, mon amour », « L’ombre dans l’eau » (First)
  • Carin GERHARDSEN (Suédoise) : Enquêtes de la police d’Hammarby (Fleuve Noir, 10/18)
  • Camilla GREBE (Suédoise) : Ecrit à 4 mains avec Asa TRAFF « Ca aurait pu être le paradis (Serpent à Plume)
  • Jan GUILLOU (Suédois. Père breton et mère norvégienne) : Espion suédois Carl Hamilton. pas encore traduit en français, il me semble
  • Lars GUSTAFSSON (Suédois) : L’homme qui voulait être Simenon (Phébus)
  • Varg GYLLANDER (Suédois) : pas encore traduit en français, il me semble
  • Börge HELLSTRÖM (Suédois) : le commissaire Ewert Grens et son adjoint Sven Sundkvist, de la police de Stockholm (Presses de la Cité, Pocket)
  • Marie HERMANSON (Suédoise) : Zone B (Actes Noirs)
  • Michael HJORTH
  • Olle HOGSTRAND (Suédois)
  • Anna JANSSON (Suédoise) : « L’inconnue du Nord », « Le pacte Boréal » , « Derrière les remparts » (Toucan, LGF)
  • Marianne JEFFMAR (Suédoise)
  • Mari JUNGSTEDT (Suédoise) : Enquêtes de Anders Knutas (Plon, Serpent Noir , LGF)
  • Mons KALLENTOFT (Suédois) : Enquêtes de Malin Fors (Serpent Noir, Points Seuil)
  • Theodor KALLIFATIDES (Suédois) : Kristina Vendel et à ses collègues de la Brigade n° 6 de Huddinge (Rivages Noir)
  • Thomas KANGER (Suédois) : Commissaire de police à Västerås, Elina Wiik est la spécialiste des enquêtes complexes (Presses de la Cité, 10-18 Domaine Policier)
  • Robert KARJEL : Mon nom est N (Denoël)
  • Anna KAROLINA (LARSSON)
  • Lars KEPLER (Couple d’ecrivain voir Alexander AHNDORIL et Alexandra COELHO AHNDORIL) : L’Hypnotiseur, Le Pacte (Actes Noir)
  • Hans KOPPEL (Suédois) : châtiments (Presses de la Cité)
  • Camilla LACKBERG (Suédoise) : « Cyanure », enquêtes de l’auteur Erica Falck (actes noir) INTERVIEW DE CAMILLA LACKBERG POUR ZONELIVRE
  • David LAGERCRANTZ
  • Maria LANG (Suédoise) : La nuit de juin n’aura pas lieu (Le Masque)
  • Dagmar LANGE (Suédoise) : voir Maria Lang
  • Jens LAPIDUS (Suédois) : « Stockholm Noir » (Plon)
  • Asa LARSSON (Suédoise) : « Horreur Boréale » (Gallimard Série Noire, Folio Policier) Le sang versé (Albin Michel)
  • Björn LARSSON (Suédois) : « Le cercle celtique » (Denoël, Folio Policier), « Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers » (Grasset)
  • Stieg LARSSON (Suédois) : Millenium, 3 tomes (Actes Noir, Babel Noir)
  • Eva Marie LIFFNER (Suédoise) : « Chambre noire », « Imago » (Rivages Noir)
  • Amanda LIND (Suédoise) : L’évangile selon Francy (Pocket)
  • Olle LONNAEUS (Suédois) : Ce qu’il faut expier
  • Sara LÖVESTAM
  • Markus LUTTEMAN
  • Henning MANKELL (Suédois) : Les enquêtes de l’inspecteur Wallander, … (Seuil, Points Seuil)
  • Liza MARKLUND (Suédoise) : Les enquêtes d’Anita Bengzon (BlackMoon)
  • Jan MARTENSON / Janson MARTEN (Suédois) : Les enquêtes de l’antiquaire Johan Homan & sa chatte siamoise Cléo de Mérode
  • Bertil MARTENSSON (Suédois)
  • Bodil MARTENSSON (Suédoise – a été mariée avec l’auteur Bertil MARTENSSON) : Pas encore traduit en français, il me semble
  • Hakan NESSER (Suédois) : Les enquêtes du commissaire Van Veeteren (Seuil, Points Seuil)
  • Asa NILSONNE (Suédoise) : Les enquêtes de l’ inspecteur Monika Pedersen.
  • Kristina OHLSSON (Suédoise) : Les enfants de cendres (Michel Lafon, J’ai Lu)
  • Hakan OSTLUNDH (Suédois) : Meurtres à Gotland (Prisma Noir)
  • Malin PERSSON GIOLITO
  • Leif G.W. PERSSON (Suédois) : Les enquêtes de l’inspecteur Lars Martin Johansson (Rivages, LGF)
  • Hans ROSENFELDT
  • Anders ROSLUND (Suédois) : Ecrit à 4 mains avec Börge HELLSTROM « La bête », « box 21  » (Presses de la cité, Pocket)
  • Ann ROSMAN (Suédoise) : Le cercueil des âmes
  • Emilie SCHEPP
  • Ninni SCHULMAN (Suédoise) : La fille qui avait de la neige dans ses cheveux
  • Asa SCHWARZ (Suédoise) : Nephilim
  • Kitty SEWELL (Suédoise) : La petite fille aux nuages noirs
  • Maj SJÖWALL (Suédoise) : Ecrit à 4 mains avec Per WAHLÖÖ . Les enquêtes de l’inspecteur Martin Beck (Rivages)
  • Ake SMEDBERG (Suédois) : Disparition à la chaine
  • Sven SÖRMARK : Ne réveillez pas Marie (Gallimard)
  • Viveca STEN (Suedoise) : La reine de la baltique
  • Erik Axl SUND (Suedois) : Les visages de Victoria Bergman Personna. Trauma. Catharsis (Actes Noirs)
  • Håkan Axlander SUNDQUIST (Suédois) : voir Erik Axl Sund
  • Olov SVELEDID (Suédois) : « Les protecteurs » (Le Masque). « A la santé de la mort »
  • Johan THEORIN (Suédois) : 3 de ses enquêtes se déroulent sur la même ile (Albin Michel, LGF)
  • Asa TRAFF (Suédoise) : Ecrit à 4 mains avec Camilla GREBE « Ca aurait pu être le paradis (Serpent à Plume)
  • Aino TROSELL (Suédoise) : Enquêtes de Siv Dahlin, aide-soignante (Balland, Pocket)
  • Hélène TURSTEN (Suédoise) : Inspecteur Irène Huss (J’ai Lu)
  • Gösta UNEFÄLDT
  • Valter UNEFÄLDT
  • Carl-Johan VALLGREN
  • Karin WAHLBERG (Suédoise) : « Soins définitifs » (Toucan)
  • Per WAHLÖÖ (Suédois) : Ecrit à 4 mains avec Maj SJÖWALL. Les enquêtes de l’inspecteur Martin Beck (Rivages Noir)
  • Jan WALLENTIN (Suédois) : « L’étoile de Strinberg » (Fleuve Noir, Pocket)
  • Staffan WESTERLUND (Suédois) : enquêtes de l’avocat Inga-Lisa Östergren (Bourgois, 10/18, Folio Policier)
  • Joakim ZANDER

Essais sur la littérature policière nordique

  • Eva GABRIELSSON : Millenium, Stieg et moi » (Actes Sud, Babel) Témoignage de la compagne de Stieg LARSSON
  • Guillaume LEBEAU : « Le mystère du quatrième manuscrit » (Toucan) Sur l’univers de « Millenium »
  • Guillaume LEBEAU et Frédéric REBENA : Stieg Larsson avant Millenium (Denoël Graphic)
  • Thierry MARICOURT : « Dictionnaire du roman policier nordique » (Encrage)
  • Olivier TRUC : Le dernier lapon (Métailié, Points Seuil) Roman policier qui permet de découvrir la Laponie, le peuple Sami et la police des rennes. Le plus nordique des auteurs français.

Civilisation et société

  • Oyvind STROMMEN : La toile brune (Actes Sud) Le journaliste suit les activités des extrémistes de droite en Europe et sur Internet depuis de nombreuses années

LES ÉDITEURS

COLLECTION GAÏA POLAR – DES POLARS VENUS DU FROID : Nouvelle présentation

Cela fait une quinzaine d’années que Gaïa nous fait découvrir des « polars venus du froid ». Aujourd’hui ils changent le format et le look de la collection Gaïa Polar.

La ligne éditoriale de Gaïa Polar : « Publier des oeuvres et non des titres isolés, et quand il s’agit de séries, ils nous proposent de suivre les personnages chronologiquement.

Le plaisir de découvrir et de partager des romans qui se dévorent, avec des personnes bien trempés, des intrigues portant sur des sujets actuels, sociaux, historiques, avec des atmosphères et parfois beaucoup d’humour. »

La collection Gaïa Polar a décidée d’opter pour un nouvel écrin afin de mettre encore plus en valeur ses publications . En 2012, nous avons découvert un nouveau format et un nouveau look.

(Source : www.gaia-editions.com )

COLLECTION RIVAGES NOIR – VIOLENCE AU NORD

« Développement et chute de l’État providence scandinave. Les fondateurs du roman policier suédois dénoncent les abus de pouvoir contre les citoyens les plus vulnérables, la sensation d’une société qui laisse de plus en plus de monde sur le bord du chemin. C’est « l’histoire d’un crime » d’un point de vue sociologique et politique. »

(Source : http://www.payot-rivages.net/)

(Sources : Metailie, Folio, Seuil, LGF, Gaia, 10/18, Le Masque, L’Elan, Toucan. www.krimi-couch.de, site allemand sur le roman policier)


LINGUISTIQUE

La plupart des langues indigènes d’Europe appartiennent à la famille des LANGUES INDO-EUROPEENNES.

  • Au sein de la famille indo-européenne, on distingue notamment LES LANGUES GERMANIQUES : anglais, allemand, néerlandais, DANOIS, NORVEGIEN, SUEDOIS, ISLANDAIS.
  • Le suédois, norvégien et danois sont mutuellement intelligibles, mais dans une certaine mesure. Le suédois est aussi parlé en Finlande, et une grande partie de la population de ce pays est bilingue en suédois et finnois.
  • Les langues germaniques les plus conservatrices sont l’islandais et le féroïen, préservés par leur éloignement et une orgueilleuse tradition de résistance aux influences internationales.Grâce à ce conservatisme, les sagas et les poèmes épiques médiévaux en vieux norrois sont toujours compréhensibles par les locuteurs islandais.

Il existe néanmoins des exceptions : LE FINNOIS, LE SAME (SAAMI), L’ESTONIEN et le hongrois qui sont des LES LANGUES OURALIENNES (ce nom vient des montagnes de l’Oural, en Russie, le berceau présumé de la langue proto-ouralienne). Ainsi que le turc (altaïque) et le basque, une langue isolée sans langues parentes connues.

  • Le groupe finnois-ougrien comprend trois langues nationales européennes : Le hongrois, le finnois et l’estonien. Le finnois et l’estonien sont de proches parents. L’estonien est devenu langue nationale quand l’Estonie a obtenue son indépendance en se séparant de l’URSS en 1991.
  • Le same (saami) est parlé par les lapons nomades du nord de la Scandinavie et la péninsule de Kola en Russie
  • La branche ougrienne à laquelle appartient le hongrois s’est séparée de la branche finnoise il y a quelques 3000 ans, et le hongrois ne présente que quelques traces de sa parenté avec le finnois et l’estonien.
  • Les langues ouraliennes sont réputées pour leur système pour leur système complexe de cas (15 en finnois et 17 en hongrois !). « Alors que l’ancienne latiniste que je suis se souvient des heures d’apprentissage des six cas latins… » Ce système paraît extrêmement complexe, mais les désinences des cas sont très régulières et généralement prévisibles.

(source : Extraits de l’Atlas des langues éditions Acropole. Edition 2004)

Mise a jour : juillet 2018

Découvrez également...

auteurs nordiques - Biographies
auteurs nordiques - Interviews

Dossier : Séries TV Scandinaves

Une atmosphère particulière, des paysages magnifiques, des B.O soignées, les séries nordiques ont un succès sans cesse croissant auprès des téléspectateurs.

Les séries nordiques ont un succès sans cesse croissant auprès des téléspectateurs. La série Bron par exemple a été ensuite adaptée mais jamais égalée par les américains et les français.

Certaines sont des créations inédites tandis que d’autres sont des adaptions de romans policiers comme « Meurtres à Sandhamn » d’après les romans de Viveca Sten.

Que soit dans l’univers du policier (The Killing), dans l’univers de la politique (Borgen) ou de la SF (Real Humans), elles deviennent très vite addictives.

Souvent les saisons dépassent rarement 10 épisodes ou dans un format de 4 épisodes. Les acteurs peuvent ressembler à Mr ou Mme Tout le monde, l’identification est plus facile que dans les séries américaines où les acteurs ont souvent l’air d’être sorti d’un catalogue de mode ou d’être refait.

Une atmosphère particulière, des paysages magnifiques, des B.O soignées. Ce sont certainement quelques ingrédients qui expliquent que nous soyons de plus en plus nombreux à vouloir découvrir l’univers des séries TV nordiques.

Danemark
  • 1864 (1864) de Ole Bornedal en 2014 4/5 (3)
  • Anna Pihl (Anna Pihl) de Adam Price de 2006
  • Badehotellet (Badehotellet) en 2013
  • Bedrag (Bedrag) en 2016
  • Borgen – Une femme au pouvoir (Borgen) Adam Price en 2010 4.4/5 (5)
  • Bron (Bron / Broen) de Hans Rosenfeldt en 2011 4.82/5 (17)
  • Bryggeren (Bryggeren) en 1996
  • Charlot og Charlotte (Charlot og Charlotte) en 1996
  • Drengene fra Angora (Drengene fra Angora) en 2004
  • Le gang des braqueurs – la révolution à main armée (Blekingegade) de Jacob Thuesen en 2009
  • Les Héritiers (Arvingerne) de Maya Ilsøeen en 2014
  • Hjørdis (Hjørdis) de Christian Torpe en 2015
  • L’hôpital des fantômes (Riget) de Lars von Trier en 1994 4/5 (1)
  • The House in Christianshavn (Huset på Christianshavn) en 1970
  • The Julekalender (The Julekalender) en 1991
  • Jul på Vesterbro (Jul på Vesterbro) en 2003)
  • The Killing (Forbrydelsen) de Søren Sveistrup en 2007 5/5 (8)
  • Krøniken (Krøniken) en 2004
  • Lærkevej (Lærkevej)
  • Langt fra Las Vegas (Langt fra Las Vegas) en 2001
  • Lykke (Lykke) en 2011
  • Matador (Matador) en 1978
  • Nikolaj and Julie (Nikolaj og Julie) en 2002
  • Nom de code : L’aigle (Ornen: En krimi-odyssé) de Mai Brostrom et Peter Thorsboe en 2004
  • Norskov, dans le secret des glaces (Norskov) de Dunja Gry Jensen en 2015 4.6/5 (5)
  • Performances (Forestillinger) de Per Fley en 2007
  • The Protectors (Livvagterne) Peter Thorsboe et Mai Brostrom en 2009
  • Rita (Rita) de Christian Torpe en 2012
  • Sommer (Sommer) de Jesper W. Nielsen, Karina Dam en 2008
  • Taxa (Taxa) en 1997
  • The Team (The Team) de Kathrine Windfeld en 2015
  • Traque en série (Den som dræber) de Elsebeth Egholm en 2011 4.4/5 (5)
  • Unit One (Rejseholdet) de Peter Thorsboe en 2000
  • Young Andersen (Unge Andersen) en 2005
finlande
  • Au coeur de l’hiver (Raja) de Hanna Maylett  en 2014
  • Black Widows de Mikko Pöllä en 2016
  • Nymphs (Nymphs) de Miikko Oikkonen en 2013
  • Syke (Syke) en 2014
  • Une seconde chance (Toisen kanssa) de Lauri Nurkse en 2014
Islande
  • La falaise (Hamarinn) de Sveinbjorn Baldvinsson et Hilmar Oddsson en 2009
  • Meurtre au pied du volcan (Hraunið) de Reynir Lyngdal en 2014 3.33/5 (6)
  • Næturvaktin (Næturvaktin) en 2007
  • Pressa de Sigurjón Kjartansson, Óskar Jónasson en 2007
  • Réttur (Réttur) en 2009
  • Trapped (Ófærð) de Baltasar Kormákur en 2015
norvege-flag
  • Acquitted (Frikjent) Siv Rajendram Eliassen, Anna Bache-Wiig en 2015 4.4/5 (5)
  • Buzz ALDRIN (Buzz Aldrin, hvor ble det av deg i alt mylderet ?) de Geir Henning Hopland d’après le roman de Johan Harstad en 2011
  • Gutta Boys (Gutta Boys) en 2006
  • Honningfellen (Honningfellen) en 2008
  • Jour Polaire (Jour Polaire) de Måns Mårlind et Björn Stein en 2016 4.17/5 (6)
  • Koselig med peis (Koselig med peis) en 2011
  • Lekestue (Lekestue) en 2002
  • Lilyhammer (Lilyhammer) de Anne Bjørnstad et Eilif Skodvin en 2012 5/5 (4)
  • Nobel (Nobel) en 2016
  • Mammon (Mammon) en 2014
  • NAV, Norway (NAV, Norway) en 2012
  • Occupied (Okkupert) de Erik Skjoldbjærg, Karianne Lund sur une idée originale de Jo Nesbø en 2015 4.25/5 (4)
  • Témoin sous silence (Øyevitne) de Jarl Emsell Larsen en 2014
  • The Heavy Water War – les soldats de l’ombre (Kampen om tungtvannet) de Per-Olav Sørensen en 2015
  • The third eye (Det tredje øyet) en 2014
Suede
Grande-Bretagne Flag

Les enquêtes de l’inspecteur Wallander (Wallander) de Philip Martin en 2008

Le roman policier suédois

Le « polisroman » (roman policier en suédois) bénéficie d’un engouement populaire depuis très longtemps

Le « polisroman » (roman policier en suédois) bénéficie d’un engouement populaire depuis très longtemps, bien avant son renouvellement dans les années soixante. En effet, les histoires d’auteurs tels que Maria Lang ou Olle Högstrand, dont les intrigues de facture classique sont bâties selon le modèle anglo-saxon, ont connu un véritable succès.

Pourtant, sans remettre en cause leurs qualités, ils sont loin d’égaler l’influence que les romans du couple Sjöwall-Wahlöö ont exercée sur le roman policier suédois et scandinave. Leurs romans, regroupés sous le nom  » Roman d’un Crime », ont révolutionné le genre, lui apportant ses lettres de noblesse, préparant le terrain pour des auteurs tels que Henning Mankell, Ake Edwardson, Camilla Lackberg, Stieg Larsson.

Outre de réelles qualités littéraires sans lesquelles le couple suédois n’aurait pas obtenu un tel succès, leur contribution à ce renouvellement consiste essentiellement en une critique sans ménagement (au nom de l’idéal communiste) et bien construite du modèle de société suédois qui, à l’époque, était considéré par les autres démocraties européennes comme un modèle à suivre. Leur intention était de montrer, sous forme de récits policiers, l’envers du décor, les dysfonctionnements de cette société incapable, selon eux, de se remettre en question, figée dans une idéologie rigide d’une social-démocratie usée jusqu’à la corde, depuis trop longtemps au pouvoir.

Ainsi, la réflexion sociologique, habilement mêlée à des textes intéressants, donne aux dix enquêtes de Martin Beck une profondeur que nombre de polars de l’époque (et d’aujourd’hui aussi) étaient loin de posséder. La dénonciation des faux-semblants, des illusions communément répandues, l’analyse des ressorts cachés de la société démocrate, l’étude de personnalités complexes, les révélations déstabilisantes concernant certains aspects du passé de l’état suédois – autant d’aspects dépassant largement le cadre d’une enquête policière classique – sont devenues consubstantielles au roman policier suédois, et, d’une manière plus étendue, nordique.

On peut se demander,  aux côtés du critique Peter Kierkegaard,  » pourquoi c’est justement en Suède qu’une tradition aussi forte en matière de roman policier a vu le jour »; selon lui, l’explication pourrait être que  » l’écart entre le rêve et la réalité y était plus grand » que dans les autres pays scandinaves. A l’instar de Sjöwall-Wahlöö, il oppose la société « suédoise mythique » à la réalité beaucoup plus triste d’une communauté où il était pratiquement impossible de constituer une opposition parlementaire digne de ce nom, et où le genre populaire du roman policier était tout indiqué pour inciter le public à ne pas se laisser abuser par la façade enjolivée d’un édifice en réalité complètement vermoulu.

En 1993, la Suède a fêté le centenaire de genre, en attribuant la paternité à Prins Pierre (pseudonyme du journaliste Fredrick Lindstrom, 1861-1938) pour son roman intitulé « Le Détective de Stockholm » écrit en 1893, qui, pourtant, ne se passe pas dans la capitale suédoise mais à Eskiltuna, où l’auteur vécut. Le roman met en scène des personnages hauts en couleur qui lui permettent de dénoncer un crime resté impuni.

Au tournant des 19e-20e siècles, de nombreux écrivains suivent le modèle du whodunit anglais, alors en vogue, en bâtissant leurs intrigues sous forme de roman-puzzle, attribuant souvent leur personnages de patronymes anglo-saxons: Samuel-August Duse (1873-1933) ; Julius Regis (1889-1925) ; Gunnar Serner (1886-1947) ; Fanny Alving (1874-1955) ; Malin Odmann (1876-1931) ; Yngve Hedvall (1887-1946) ; Kjerstin Goransson-Ljungman (1901-1971) ; Vic Sunesson (pseudonyme de Sune Lundquist, 1911-1975) et enfin Maria Lang (1914-1991) dont les enquêtes pourtant rondement menées, même si elles évoquent certains sujets sensibles, évitent en général d’aborder des questions sociales.

Aujourd’hui, le polar suédois a fait preuve d’une réelle et profonde mutation: même si quelques années ont été nécessaires pour prendre la relève de Sjowall et Wahlöö, les années 1990 ont été très fructueuses avec l’arrivée d’une pointure comme Henning Mankell, qui a ouvert la porte toute grande, laissant s’engouffrer derrière lui des talents tels que Liza Marklund, Kjell Eriksson, puis Stieg Larsson, Camilla Lackberg, qui ont placé les questions sociales au centre ou en périphérie de leurs intrigues, amenant le lecteur à découvrir toutes les facettes de la société moderne. Ces auteurs, également capables de dresser des portrait psychologiques complexes, bâtissent des récits dont la façon dont le (ou les) crime ont été commis ne sont pas la seule préoccupation.

La Suède, par le biais de ces romans policiers, est mise au ban des accusés:  » un pays en déliquescence morale. Une improbable constellation de membres moribonds. Un système nerveux drogué à mort par l’argent. L’effroyable schéma d’un effondrement spirituel sous un vernis culturel (…) » (Misterioso, Arne Dahl). Comment encore parler de paradis suédois ? Comment penser la Suède comme le modèle de la société moderne où il fait bon vivre ? Alors que ses contradictions et ses carences sont impitoyablement accentuées et montrées du doigt ?

Malgré tout, gageons que le polar suédois, grâce auquel nous lecteurs passons de si bons moments en compagnie de ses personnages récurrents aussi complexes qu’ attachants, a encore de longues années de vie devant lui, tant sa vitalité, sa capacité à se renouveler (preuve en est le succès planétaire de la série « Millenium ») et à se remettre en question pour mieux rebondir, font de ce genre particulier un vivier de talents prometteurs.

Les Auteurs

Le roman policier norvégien

Le roman policier scandinave, et plus particulièrement norvégien, est l’un des plus créatifs de ces seize dernières années.

Présentation

Le roman policier scandinave, et plus particulièrement norvégien, est l’un des plus créatifs de ces seize dernières années. Ses auteurs, bien qu’ils n’innovent pas réellement, se montrent souvent originaux. Anne Holt, mais aussi Karin Fossum, Gunnar Staalesen, Lindell Unni et Jo Nesbo, pour les plus connus, produisent une oeuvre très intéressante, mêlant avec beaucoup d’adresse des énigmes complexes, une psychologie des personnages bien développée ainsi que diverses observations sociologiques sur la société moderne.

En effet, les sujets abordés sont très variés, les lieux mis en scène couvrent tout le territoire norvégien, offrant au lecteur occidental une peinture riche, sans complaisance, à travers un regard acéré, qui traque les moindres défaillances du système, mais sait aussi montrer la Norvège dans ce qu’elle a d’attachant.

Un peu d’histoire

Selon le dramaturge et journaliste Nils Nordberg, spécialiste du sujet, le premier roman policier norvégien serait « Le Meurtre du constructeur de machines Rolfsen » de Maurits Hansen, (né le 5 juillet 1794 et mort le 16 mars 1842), publié en 1839.

Gunnar Staalesen
, quant à lui, observe que le dramaturge Henrick Ibsen développe, dans son oeuvre, « une forme qui, à n’en pas douter, ressemble beaucoup à une histoire criminelle dans laquelle les secrets du passé sont progressivement dévoilés. »

Entre 1910 et 1925, Stein Riverton (1884-1934), pseudonyme du journaliste Sven Elvestad, a publié 60 romans policiers avec lesquels il connut un grand succès. Encore aujourd’hui, il fait figure d’auteur de référence dans les pays nordiques et est régulièrement réédité. « Le Char de Fer », considéré comme son meilleur ouvrage, a été adapté en BD. Prenant souvent pour cadre des hôtels, des pensions de famille ou des cafés, ses histoires s’articulent autour du détective Asborn Krog et traitent du développement de la technique et des menaces qu’elle fait planer sur les êtres humains.

Bien que l’occupation allemande empêchât les traductions, le besoin de s’évader par la lecture restait très vif. Nils Nordberg relève que malgré les grèves d’écrivains, le rationnement de papier et le boycott, 150 romans policiers furent oubliés entre 1941 et 1947. Ce sont souvent des romans à énigme comme ceux de Gerd Nyquist ( 1913-1984), surnommée l’Agatha Christie de la Norvège.

Mais les choses prennent une tout autre tournure lorsqu’en 1972 les éditions Gyldendal lancent une collection consacrée exclusivement à la littérature policière, calquée sur la « Série Noire » française, ouverte tant à des auteurs universellement reconnus qu’à de jeunes débutants. Gunnar Staalesen ou Jon Michelet (dont les romans, traitant de problèmes contemporains, ont été traduits dans de nombreux pays sauf en France) ainsi que d’autres y furent publiés.

Aujourd’hui, le genre policier fait bel et bien partie du paysage littéraire norvégien et des auteurs de littérature dite classique ne dédaignent pas à développer une intrigue policière dans leurs romans. Comme le souligne avec beaucoup d’humour Gunnar Staalesen, les auteurs norvégiens de romans policiers sont  « sans doute plus nombreux que les ours blancs. »

Les Auteurs

Les restaurants Scandinaves

Les bonnes adresses de restaurants et épiceries fines scandinaves

Restaurant scandinave

Une envie d’évasion culinaire !

La découverte d’un pays passe par ses mots mais aussi par ses mets. Zonelivre vous a concocté un bottin gourmand de restaurants et épiceries fines des pays nordiques. Une gastronomie qui allie tradition et modernité, de la diversité, de la qualité, du goût, des découvertes et beaucoup de plaisir. Voici le programme qui vous attend en allant à la rencontre des produits des pays scandinaves.

N’hésitez pas à nous communiquer vos bonnes adresses de restaurants de cuisine scandinave. (page contact)

NICE

« Ouvert en 1983 à Nice par Viveka la norvégienne et son époux niçois Jacques, le restaurant Fjord est devenu au fil des ans une véritable institution. Aujourd’hui leur fille Nathalie et son mari Stéphane ont pris la relève. »

  • 21 rue François Guisol, 06300 Nice – Port – Site Web

NANTES

« C’est dans une ambiance dépaysante et intimiste que vous accueille le restaurant scandinave Madam Blå. Étonnants par notre décor mais également par nos spécialités, nous vous proposons de découvrir les plats de Suède, de Finlande, du Danemark et de Norvège pour faire pétiller vos papilles et voyager vers le Grand Nord ! »

  • 8 Rue Armand Brossard, 44000 Nantes – Site Web

BORDEAUX

« A deux pas de la Place Gambetta, Peter Johansen vous accueille dans un lieu convivial à l’atmosphère scandinave. Au hasard de ses rencontres il a sélectionné pour vous des objets, produits et recettes du Danemark, Suède, Norvège et Finlande. »

  • 32 Rue du Palais Gallien, 33000 Bordeaux – Site Web

Danemark« Restauration sur place ou à emporter SPECIALITES FRANCO-DANOISES »

  • 36 rue du Marechal Joffre, 33000 Bordeaux – Site Web

PARIS

  • suede28 rue delambre, 75014 PARIS

« Spécialités nordiques, du saumon au poisson fumé, dans une ambiance scandinave élégante, épurée et colorée.« 

  • Miron – 60, rue François Miron, 75004 Paris – Site web
  • Convention – 116, rue de la Convention, 75015 Paris – Site Web
  • Mouffetard – 111 rue Mouffetard, 75005 Paris – Site Web

suede« Per Svante Forstorp, chef suédois installé à Paris, a imaginé pour nous, une carte centrée sur le Smörgås.

En Suède, tout au long de la journée, on se prépare un (ou plusieurs) délicieux Smörgås (à prononcer smeurgosse), autrement dit une tartine couverte de multiples ingrédients frais, que l’on accompagne d’un grand café « filtre » ou d’un mug de thé pour se réchauffer l’hiver, ou d’un jus frais l’été. »

  • 11, rue du Château d’Eau, 75010 Paris – Site Web

suede« En passant la porte cochère bleue de l’Institut suédois au 11 rue Payenne, vous découvrez le Café suédois.

À vous de choisir entre le côté cuisine, à l’intérieur, parfumé par les Kanelbullar (brioche traditionnelle suédoise à la cannelle) ou le côté cour, sur les pavés, protégé par l’avant-corps de l’Hôtel de Marle, pour profiter des tables en terrasse et du soleil en s’échappant, pour un moment, un peu de la fougue parisienne. »

  • 11, rue de Payenne, 75003 Paris  – Site Web

suede« Fondé en 1891, le « Svenska Klubben i Paris » est le plus ancien Cercle Suédois à l’étranger.

Notre chef Henrik Andersson et son équipe vous proposent une carte aux saveurs Nordiques variant au rythme des saisons. Pour enrichir votre expérience, ils vous concoctent chaque semaine de nouveaux plats, entrées et desserts. »

  • 242 rue de Rivoli, 75001 Paris – Site Web
  • suede26 rue des Grands Augustins, 75006 Paris
  • 97, rue Vieille du Temple, 75003 Paris – Site Web

suede« Petit bistro de spécialités suédoises, nous proposons une cuisine de produits frais et de saison. Le tout dans un cadre convivial. »

  • 2 rue Saint Pierre 78100 Saint Germain en Laye – Site Web

« Restaurant/bar a tendance scandinave. Un mélange de plats français et nordiques frais et « fait maison » au déjeuner et des « After work » tous les soirs. »

  • 22, rue de la Banque, 75002 Paris – Site Web

Danemark« La Petite Sirène de Copenhague se propose de vous faire découvrir les spécialités culinaires danoises.
Dans une ambiance moderne vous seront proposés des plats typiques et élaborés avec des ingrédients de toute première qualité pour une fraicheur optimum.
Méconnue, la cuisine danoise et ses saveurs d’une grande finesse vous seront aimablement présentée et expliquée par Peter Thulstrup et la charmante équipe de La Petite Sirène de Copenhague. »

  • 47 Rue Notre Dame de Lorette, 75009 Paris – Site Web

DanemarkRestaurant Copenhague ParisSite Web

« Le restaurant gastronomique danois le Copenhague vous ouvre ses portes sur les Champs-Elysées. L’établissement, dont la cuisine créative sublime les spécialités scandinaves, figure parmi les adresses les plus inventives et les plus prisées de Paris. »

Brasserie Flora DanicaSite Web

« Brasserie danoise, la carte de cette institution nordique à Paris fait la part belle aux poissons, sélectionnés avec soin par le Chef Guillaume Leray. »

  • 142 Av. des Champs-Élysées, 75008 Paris

TOULOUSE

Norvege« Rendez-vous dans le quartier Saint-Etienne où Siri Harildstad et Cyril Guenard vous accueillent dans leur restaurant pour vous faire découvrir leurs spécialités. Ici, le saumon est roi ! »

  • 3 rue Perchepinte 31000 Toulouse France – Site Web

Epicerie - Traiteur

suedeÉpicerie fine suédoise

  • 3, rue Léon Jost, 75017 PARIS – Site Web

« Spécialités nordiques, du saumon au poisson fumé, dans une ambiance scandinave élégante, épurée et colorée.« 

Site Web

  • Miron60, rue François Miron 75004 Paris
  • Martyrs56, rue des Martyrs 75009 Paris
  • Convention116, rue de la Convention 75015 Paris
  • Auteuil2, rue Donizetti 75016 Paris
  • Villiers3, avenue de Villiers – 75017 Paris
  • Cler57, rue Cler 75007 Paris
  • Mouffetard – 111 rue Mouffetard – 75005 Paris

« Depuis plus de 15 ans, LA MAISON NORDIQUE s’est forgée une solide réputation dans le paysage gastronomique français et international en s’imposant comme une référence pour les produits gastronomiques »

  • Rive Gauche – 125 Bd de Grenelle, 75015 Paris – Site Web
  • Rive Droite – 229, Rue du Faubourg Saint Honoré, 75008 Paris – Site Web

« épicerie fine, traiteur & restaurants à la mode scandinave ».

  • 6 Rue du Commandant Rivière, 75008 Paris – Site Web

suedeChaque magasin Ikea, le géant suédois du meuble à monter soi-même, dispose d’une épicerie.

Site Web

Lotte et Soren HAMMER : Conte de Noël inédite pour Zonelivre.fr

La légende de Noël – depuis longtemps oubliée – du garçon trop sérieux pour son âge, de la fille merveilleusement belle, du bureaucrate tout sourire et du monstre rouge sang.

Conte de Noël inédit en France. Publié en exclusivité sur Zonelivre.fr

La légende de Noël – depuis longtemps oubliée – du garçon trop sérieux pour son âge, de la fille merveilleusement belle, du bureaucrate tout sourire et du monstre rouge sang.

Par Lotte et Søren Hammer, © 2010

Traduit de danois par Anne-Charlotte STRUVE (… et très librement inspirée par le conte coréen Le jeune homme et le tigre d’In Sob Zong)

Dans un passé fort lointain, un garçon raisonnable partit en voyage. Il n’était pas allé très loin avant d’apercevoir, du haut de son cheval, un biscuit de Noël qui roulait vers lui. – Salut, petit gars sérieux, dit le biscuit. Puis-je t’accompagner ? – À quoi sers-tu ? demanda le garçon. Le biscuit de Noël répondit : – J’ai bon goût et je croustille entre les dents, je suis bon marché à la limite du gratuit, et entouré de mes frères, personne n’arrive à me distinguer. – D’accord, tu peux venir, dit le garçon sérieux, le biscuit sauta sur le cheval et ils reprirent la route. Il neigeait. De gros et doux flocons tombaient du ciel. On entendait le son des grelots et des traîneaux dans la neige, car c’était Noël.

Le garçon sérieux et le biscuit de Noël poursuivirent leur voyage à cheval. Tout à coup, une étoile apparut sur la route, s’orientant droit vers eux en cahotant sur ses pointes. Elle s’arrêta et dit : – Puis-je me joindre à vous ? – À quoi sers-tu ? demanda le garçon, et l’étoile répondit : – Je scintille et j’étincelle joliment dans le noir afin que tout le monde puisse se rêver dans un ailleurs bien meilleur qu’ici. – D’accord, tu peux venir, dit le garçon sérieux, et l’étoile monta sur le cheval. Et il y avait le tintement des cloches de l’église et le houx et encore plus de neige qu’auparavant, une neige encore plus blanche même. C’était Noël.

Le garçon sérieux, le biscuit de Noël et l’étoile poursuivirent leur voyage à cheval. Puis, une guirlande lumineuse s’approcha en serpentant, elle s’arrêta et demanda : – Puis-je me joindre à vous ? Et le garçon raisonnable dit : – À quoi sers-tu ? – Je diffuse la lumière dans les nuits d’hiver et fais penser aux fleurs et au printemps, et comme je suis courte, je permets d’économiser de l’électricité, répondit la guirlande lumineuse. Le garçon acquiesça, et la guirlande lumineuse monta sur le cheval en ondulant. Et alentour, il y avait des moineaux gazouillant sur les gerbes, la poudreuse ployant les branches des petits sapins, et peut-être même un renne, qui sait ? Car c’était Noël.

Le garçon sérieux, le biscuit de Noël, l’étoile et la guirlande lumineuse poursuivirent leur voyage à cheval. Puis une mèche de cheveux d’ange vint en voletant s’accrocher dans la crinière du cheval. – Pouvons-nous vous rejoindre ? demandèrent les cheveux d’ange. – À quoi servez-vous ? demanda le garçon. – A rien, nous sommes bons à rien. Il fut un temps… il y a très longtemps… c’est-à-dire très, très longtemps…, dirent les cheveux d’ange tristement puis ils se turent. – Allez-y, dit le garçon, les bons à rien sont bons à avoir sous la main. Et les cheveux d’ange restaient accrochés dans la crinière du cheval. Il y avait aussi des bonshommes de neige avec leurs balais, des enfants adorables sur des luges, des champs couverts de verglas et des salutations bienveillantes et sans arrière-pensées, fusant dans l’air et adressées à tout un chacun, car enfin c’était Noël.

Le garçon sérieux, le biscuit de Noël, l’étoile, la guirlande lumineuse et les cheveux d’ange poursuivirent leur voyage à cheval. Soudain, un bureaucrate tout sourire leur barra la route. – Puis-je vous accompagner ? demanda le bureaucrate souriant. – À quoi servez-vous ? demanda le garçon, méfiant. – Je souris, je suis poli et bien mis, assez doué pour cataloguer et doué en diable pour faire porter le chapeau, dit le bureaucrate souriant. – Je ne sais pas si… dit le garçon sérieux, hésitant. – En plus, j’excelle en matière de paroles en l’air et de cheveux d’ange, rajouta le bureaucrate souriant en montrant du doigt ces derniers. – Les paroles ne montent en l’air par ici, le froid les glace, dit le garçon trop sérieux pour son âge. – Ça sera corrigé, répondit le bureaucrate souriant en bondissant sur le cheval sans y avoir été invité. Et il y avait des stalactites ornant les gouttières, de la chaleur dans les cœurs, des trains annulés et non remplacés, et de la soupe populaire pour les pauvres, autant qu’ils pouvaient en ingurgiter, car Noël était bel et bien là.

Le garçon sérieux, le biscuit de Noël, l’étoile, la guirlande lumineuse, les cheveux d’ange et le bureaucrate souriant poursuivirent leur voyage, tous à cheval. Vers le soir, ils arrivèrent à une maison dans une campagne reculée. Le garçon frappa à la porte. Comme personne ne vint lui ouvrir, il rentra dans la maison. Il y trouva une fille merveilleusement belle pleurant à chaudes larmes. – Qu’y a-t-il ? demanda le garçon sérieux. Pourquoi pleures-tu ? – Un monstre rouge sang me guette dans les bois devant la maison, sanglota la fille merveilleusement belle. Il vient chaque nuit et il a déjà pris mon père, ma mère, mon frère et ma sœur. Cette nuit, ça sera mon tour de passer à la casserole. C’est pour ça que je pleure. – Comment « pris » ? demanda le garçon. – Ce qui est pris est pris, voilà tout, et elle est à plaindre, dit le bureaucrate souriant en tapotant son manteau pour enlever la neige, l’air mal à l’aise. Et il y avait des vitrines décorées, des cochons de massepain pleins les ventres, des cadeaux cachés au fond des placards, des lutins au grenier et de petits pingouins en plastique à peine plus grands qu’un pouce montrant le bout de leur bec çà et là, car c’était Noël.

Plein de bon sens, le garçon se dit qu’il valait mieux filer et trouver une autre maison avec une autre fille merveilleusement belle moins compliquée. Mais alors, la fille pleura de plus belle et des larmes brillantes coulèrent sur ses belles joues rondes. – Il est si affreusement rouge, sanglota-t-elle en parlant du monstre rouge sang, et le garçon sérieux demanda : – Rouge comment ? « Communiste » ou « père Noël » ? – Ce qui est rouge est rouge, voilà tout, et elle est à plaindre, dit le bureaucrate qui ne souriait presque plus car il n’aimait pas les couleurs vives et surtout pas le rouge. Et il y avait aussi des couronnes de l’Avent, des fenêtres de calendrier de Noël, des bougies ornées de rubans, des anges d’or accrochés à un fil, du riz au lait, de la bière douce et le cadeau d’amande, du canard et du rôti aux pommes de terre caramélisées, des biscuits frits et des noix, des dattes collantes et des bonbons gélifiés dont personne ne prenait les jaunes. Puisque c’était Noël.

Le garçon sérieux écouta les bons conseils du bureaucrate souriant concernant la démarche à suivre. Puis, il rassembla ses amis et leur confia chacun une tâche. La guirlande lumineuse devait s’enrouler autour du grand sapin devant la maison et attirer le monstre rouge sang grâce à son bel éclat. Le biscuit de Noël devait se coucher dans la neige au pied du sapin, l’air si irrésistiblement croustillant que le monstre rouge se pencherait en avant pour le ramasser et le croquer. Quant à l’étoile, elle devait monter sur la cime du sapin et, à l’instant où le monstre rouge sang se pencherait en avant, elle devait se jeter du haut du sapin et lui transpercer la nuque de ses pointes aiguës. Le garçon se tourna ensuite vers les cheveux d’ange et dit : – Et vous, Cheveux d’ange, restez où vous êtes. Et la guirlande lumineuse s’enroula autour du sapin, le biscuit de Noël se posa au pied du sapin, l’étoile grimpa sur la cime de l’arbre et les cheveux d’ange restèrent en place. Et il y avait des vacances scolaires. Tout cela, grâce à Noël.

Le garçon sérieux, le bureaucrate souriant et la fille merveilleusement belle surveillèrent depuis la fenêtre. Une fois la nuit tombée, le monstre rouge sang sortit des bois. Avec sa barbe blanche effilochée, son manteau rouge décrépit et son bonnet tout fin couvrant à peine ses oreilles, il n’avait pas fière allure. Il traînait péniblement son surpoids, s’arrêtant tous les dix pas, haletant, le souffle coupé, et son « oh, oh, oh » tuberculeux résonna parmi les arbres. – Oh mon Dieu ! s’écria la fille merveilleusement belle à la vision du monstre rouge. – Quelle horreur, s’exclama le bureaucrate souriant, tandis que le garçon sérieux dit : – Quel merdier !

Le monstre se dirigea vers le sapin. Il se pencha en avant pour ramasser le biscuit de Noël et reçut l’étoile dans la nuque. Et le voilà, étendu dans la neige, plus mort que mort. Le garçon sérieux alla dehors. Il attacha le monstre rouge sang à son cheval et le traîna jusqu’au milieu du lac. Puis, il creusa un trou dans la glace et fit couler le cadavre. Et ce fut la fin du monstre rouge sang. Il y avait aussi l’église du village d’où retentirent les paroles d’évangile, de jolis psaumes et des sons d’orgue. Les paroissiens s’agglutinaient dans l’église jusque dans le porche, même s’ils avaient payé la taxe ecclésiastique l’année durant. Car c’était Noël.

Le garçon sérieux regagna la maison. Deux personnes de la commune l’y attendaient. Le bureaucrate souriant désigna le garçon et dit : – C’est lui qui l’a fait. Il a assassiné un vieillard et caché le corps sous la glace du lac. Et le bureaucrate ajouta, un sourire gêné aux lèvres : – Le cheval était complice. Le garçon raisonnable fut emmené à la mairie afin d’y être entendu. On le prit au sérieux et se mit à sa hauteur, lui sourit, le coacha, le prit en considération et lui attribua le défenseur de son choix, avant de l’exécuter comme cela se faisait à l’époque. Le cheval, lui, subit le même sort, car personne ne savait qu’en faire. Et tout cela, bien que se fût Noël.

Le garçon sérieux trépassé, le bureaucrate souriant prit pour épouse la fille merveilleusement belle. Avec le temps, ils firent beaucoup d’enfants, qui en firent d’autres à leur tour, et tous étaient plus souriants, plus polis et mieux mis les uns que les autres. Et tous travaillaient à la mairie tant ils maîtrisaient à la perfection le catalogage, les paroles en l’air, les cheveux d’ange et, surtout, l’art de faire porter le chapeau.

Au fil des années, l’histoire du garçon sérieux et du monstre rouge sang tomba dans l’oubli. Tous les ans à l’approche des fêtes, on dressa pourtant devant la mairie un majestueux sapin garni de guirlandes lumineuses et d’une belle étoile au sommet. À l’époque, on distribua même des biscuits de Noël aux invités de la mairie dont tous les employés s’efforçaient d’être encore plus souriants et polis que d’habitude, bien que personne ne se rappelât plus pourquoi.Mais c’était sans doute dû à Noël.


(c) Conte de Noël inédit en France. Publié en exclusivité sur Zonelivre.fr avec l’aimable autorisation de Lotte et Soren HAMMER. Il est interdit de reproduire ce texte ou un extrait sans le consentement des auteurs. Lotte et Soren HAMMER sont également les auteurs du roman policier MORTE LA BETE (publié en France aux éditions Actes Noir)

Un immense merci à eux pour le superbe cadeau qu’ils ont fait à l’équipe de zonelivre.fr et à ses lecteurs. Et tous nos remerciements également à Anne-Charlotte Struve pour sa traduction.

Très bonnes fêtes aux auteurs, à leurs familles, ainsi qu’à vous lecteurs et vos proches.