Antti TUOMAINEN : La derniere pluie

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INFOS ÉDITEUR

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Parution aux éditions Fleuve en avril 2014

Parution aux éditions Pocket en octobre 2015

Traduit par Alexandre André

À Helsinki, les changements climatiques sont si violents que la plupart des habitants ont fui la ville.

Tapani est resté chez lui. Deux jours avant Noël, sa femme Johanna, une journaliste de renom, disparaît. Tapani se lance dans une recherche frénétique. Il est persuadé que sa disparition n’est pas étrangère à ses récentes recherches sur un serial killer aux motivations politiques surnommé « le Guérisseur ». Mais en fouillant dans le travail de sa femme, il découvre des secrets sur son passé qui la relient aux meurtres sur lesquels elle enquêtait…

Tapani est prêt à tout pour retrouver l’amour de sa vie quels que soient les secrets de son passé.

(Source : Fleuve Noir – Pages : 240 – ISBN : 9782265096592 – Prix : 18,90 €)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

A Helsinki, Tapani recherche sa femme journaliste. Il sait que s’adresser à la police ne servira pas à grand chose. Elle ne sera qu’un numéro parmi tant d’autres. Il s’adresse à son patron et il qu’il ne doit pas attendre trop d’aide de son côté non plus. Johanna est une journaliste d’investigation qui aime enquêter sur des sujets brûlants tandis que le journal pour lequel elle travaille tend à se transformer de plus en plus en presse people.

« (le patron de Johanna s’adressant à son mari) On vit une époque assez difficile. A plus d’un titre. Mais une chose est sûre : la vérité que quelques journalistes de l’espèce de Johanna cherchent encore, n’existe tout simplement plus ! Il n’y a rien pour l’étayer ! Je pourrais en dire long sur le fin du monde, la disparition des valeurs et la pornographisation à tout va. Mais toi et ceux qui se prennent au sérieux, vous savez toujours tout mieux que les autres ! Quoi qu’il en soit, c’est dans ce contexte qu’on essaie de publier un journal. On a des pages à remplir d’images et de textes aux allures d’actualités susceptibles d’intéresser les gens. Et qu’est-ce qui les intéresse ? Aujourd’hui, la chanteuse R & B et son cheval, demain, une people exhibi en plein hold-up, si ça nous chante ! » extrait page 168

La misère règne de manière croissante sur la ville, des amis proches de Tapani vivent dans une situation très précaire.

« Le toit de l’immeuble est plein de trous, la cave est inondée il y a des moisissures, des rats et des cafards partout. Sans parler des coupures d’eau et de courant. La ville est au bord de l’effondrement, les gens n’ont plus un sou, et ceux qui en ont encore ne tiennent sûrement pas à emménager ici. Il n’y a plus d’investisseurs, et même s’il y en avait, qui voudrait un loyer alors qu’il est possible de se loger gratuitement ? D’ailleurs qui pourrait croire que les choses vont s’améliorer ? » extrait p 42 – p 43

Les forces de l’ordre ne sont pas tellement actives. Les sociétés privées de gardiennage fleurissent à tous les coins de rues. Des hommes en combinaison noire déambulent mais leur présence est loin d’être rassurante.

Tapani creuse différentes pistes grâce aux documents laissés par son épouse. Il va notamment découvrir qu’elle étudiait de très près les actes de Pasi Tarkiainen censé être mort depuis cinq ans. Cet activiste a la réputation d’être dangereux mais c’est surtout un choc lorsque le mari inquiet découvre que sa tendre moitié a vécu avec ce dernier lorsqu’elle était étudiante. Il soulève un à un des pans de son passé qu’il ignorait complètement et qui le ronge.

Johanna était sur la piste d’un individu que l’on surnomme « le Guérisseur », un tueur en série qui a supprimé plusieurs familles. Est-ce le même personnage ?

« La dernière pluie » d’Antii Tuomainenen est la fusion de deux genres de romans policiers : le roman de suspense et le roman noir.

Un axe est très orienté roman de suspense avec tous ses codes. Le mari qui inquiet par la disparition de sa femme et qui découvre des faces de son histoire qu’il ne connait pas. Les sentiments (doute, peur, amour) sont mis en avant. Le lecteur peut très vite s’identifier ou avoir de l’empathie pour le personnage principal.

Un second axe développe le roman noir. La ville est un personnage important du roman. Elle est sombre, dévastatrice même. Une peinture d’Helsinki qui ne donne pas du tout l’envie de sauter dans le premier avion pour se rendre là-bas. Bien au contraire.

J’ai aimé la description de deux journalismes complètements différents : le combat pour continuer à proposer du journalisme d’investigation avec tous les dangers que cela peut représenter qui permet d’offrir un état des lieux de la société et une réflexion sur l’avenir versus un journalisme synonyme de presse people, très grand public et permettant beaucoup de ventes.

2 Commentaires

  1. La pluie et Helsinki, est ce vraiment une légende ?
    La pluviométrie sur les mois d’hiver donne une vingtaine de jours par mois, à Paris c’est une bonne quinzaine de jours….
    Alors la description de la société finlandaise à l’aube de cette nouvelle année n’est pas une version tirée de la météorologie mais juste une vision apocalyptique !
    Notre société de super consommation est montrée dans une situation explosive, il n’y a plus rien à faire sinon survivre pour survivre ne serait ce qu’un jour de plus !
    Autant vous dire tout de suite que si votre moral est au plus bas, il faudrait peut être mieux attendre un peu avant d’envisager cette lecture à moins que vous ne soyez masochiste !
    Selon la quatrième de couverture nous partons en chasse du « parantaja » ou « guérisseur »…
    Roman policier, peut être mais je n’ai pas vraiment accroché à cette grosse ficelle !
    L’exploration d’Helsinki est glaçante, pas uniquement à cause des conditions climatiques extrêmes (comme pour rajouter un peu de ténèbres dans ce monde de brutes) mais surtout par l’atmosphère décrite en cette veille de Noël qui ne laisse rien entrevoir de l’optimisme ou de fête !
    Les personnages ne sont pas attachants, ils s’aiment peut être mais leur amour n’est jamais communicatif, nous sommes spectateurs de cette passion, elle ne nous touche même pas … C’est leur truc et pas le nôtre !
    Je suis déstabilisée par cet aperçu de la Finlande, jamais auparavant je n’ai rencontré une telle désespérance et le pire est qu’elle me semble complètement gratuite, un peu vaine, juste pour faire un thriller « époustouflant » … un peu beaucoup décevant !
    Peut être qu’après tout j’ai raté une rencontre ?

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