Arni THORARINSSON : Enquêtes de Einar – Tome 5 – L’ombre des chats

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Islande

INFOS ÉDITEUR

L ombre des chats - Arni THORARINSSON

Parution aux éditions Métailié Noir le 09 octobre 2014

Parution aux éditions Points Seuil le 08 octobre 2015

Titre original : Ar kattarins

Traduit de l’islandais par Eric BOURY

Qu’est-ce qui se cache derrière le “suicide assisté par ordinateur” soigneusement scénarisé de la jeune femme dont le récent mariage avait été transformé en cauchemar par une farce de très mauvais goût ? Qui envoie sur le téléphone d’Einar des messages obscènes à l’orthographe défaillante ? Qui a attaqué, devant une boîte de nuit, le cadre dynamique et misogyne qui terrorisait sa famille et l’a expédié l’hôpital dans un coma profond ? Quelles manipulations politiques viennent troubler la bataille pour le destin du Journal du soir, le grand quotidien islandais ? Quel jeu mène son directeur ? Enquêteur nonchalant et lucide, Einar tente de résoudre ces énigmes malgré l’hostilité du commissaire de police local.

Pour cet amateur de rock qui regarde les changements du monde avec une distance désabusée, les choses ne sont pas toutes ce qu’elles semblent être. Et le bonheur est peut-être fugitif comme l’ombre des chats.

Arni Thorarinsson a un point de vue caustique et lucide sur la société mondialisée. Il construit ici une critique sociale féroce et pose des questions gênantes dans un thriller bien ficelé et plein d’ironie.

(Source : Métailié – Pages : 300 – ISBN : 9791022601320 – Prix : 20,00 €)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Les battements de coeur d’une rédaction…

Le journaliste Einar assiste à titre privé à un mariage avec sa collègue et la compagne de cette dernière, Heida. Les deux mariées Kristin et Saga sont rayonnantes. Les bulles, l’alcool imbibent doucement les invités. Les discussions vont bon train, les plaisanteries fusent. Des échanges plus sérieux autour du mariage homosexuel enfin accepté par l’Eglise nationale (en 2010 en Islande), la difficulté de faire son « coming-out » et des possibles répercussions professionnelles.

p21. « Les paroles d’Eyvindur étaient magnifiques et empreintes d’une telle mélancolie qu’on aurait pu croire qu’il se séparait d’une soeur voire de l’élue de son coeur ? Ayant emprunté quelques exemples de liaisons interdites ou secrètes évoquées dans les contes populaires islandais, il traçait un parallèle entre ces histoires et les amours homosexuels, « si longtemps hors-la-loi dans notre société au point d’en être presque invisibles que des elfes, lesquels ont enfin quittés les rochers et les collines où ils se cachaient? ». Son attitude réservée tranchait vigoureusement avec son apparence plutôt voyante. »

Alors que Kristin ouvre les cadeaux, elle s’aperçoit avec horreur que quelqu’un lui a offert un bocal avec un pénis sectionné et tout recroquevillé. Le couple, malgré son état de choc, fait tout pour que cet incident passe inaperçu. Mais dans les jours qui suivent, c’est un drame beaucoup plus important qui les frappe.

Einar va se retrouver dans une position très particulière et un peu complexe à gérer. Il a des infos et même des scoops sur un « fait divers » mais en parler reviendrait à trahir la confiance de ses proches. Alors que d’un autre côté, il y a les impératifs financiers du journal qui sont de plus en plus pressants surtout que l’on entend parler de rachats de parts. Il faut capter de nouveaux lecteurs, mais à quel prix ? Les soucis de santé et les impératifs personnels d’autres membres de l’équipe vont pousser Einar à être en avant et même chef d’équipe. Ce changement de statut est-il compatible avec sa personnalité ?

Et depuis plusieurs semaines, d’étranges SMS arrivent sur son portable lui parlant de nudité… Cet aspect grivois cache des méandres politiques beaucoup plus complexes. Et des déclarations publiques pourraient bien briser des carrières et des « aspirations électorales ». Einar est-il considéré comme un simple pantin dans cette histoire ?

Une fois de plus, j’ai été charmée par le roman d’Arni Thorarinsson. Il traite sans tabou, avec intelligence et pudeur, le thème du mariage homosexuel. Entre les vrais moments de bonheur, les sourires de façades et toute l’aigreur qui peut se cacher derrière certains non-dits.

Cette histoire est très réaliste. J’ai le sentiment que l’immersion dans le monde du journalisme est encore plus intense que d’habitude. J’ai vraiment eu l’impression de suivre Einar d’heure en heure dans la magie et les difficultés de la sortie d’un journal. Entre scoops, gestion d’une équipe, infos de dernières minutes et les jours où c’est un peu plus creux mais qu’il faut bien écrire.

Je laisse également le lecteur découvrir toute la dimension politique. L’intérêt pour des individus de faire filtrer certaines données. Un jeu d’échec permanent où les joueurs ne veulent pas tous montrer leur visage.

Un dernier point qu’il ne faut pas occulter : le lien entre tous les islandais. C’est un petit pays et les activités des uns et des autres peuvent être très liées. Pour peu qu’il y ait eu en plus des liens sentimentaux. Mais je laisse Einar vous l’expliquer bien mieux que moi.


L’AVIS DE HÉLÈNE B.

Le chapitre premier commence par cet sms  que reçoit le journaliste Einar  » tu est nue ? » …   2 fautes d’orthographe, un message salace, le ton est donné. L’auteur nous invite de suite, et sans détour, dans une ambiance qui intrigue. Cependant, ce roman ne nous offre pas une intrigue mais trois intrigues. Une intrigue politique concernant le parti socialiste, une autre l’agression d’un homme par une femme un soir et enfin l’intrigue principale concernant la mort de deux jeunes gens qu’Einar avait vus quelques jours avant au mariage de l’un d’entre eux.

Le croisement de ces intrigues est intéressant mais crée une sorte d’attente  et je me suis surprise à trouver le temps un peu long vers la fin et à décrocher légèrement. Le deuxième point qui me semble important à aborder est la difficulté pour retenir les prénoms et noms des personnages. L’islandais est vraiment une langue différente des autres langues scandinaves et parfois les noms des personnages se ressemblent … c’est le genre de roman qu’il faut absolument lire tous les jours sans quoi vous risquer de sacrément vous mélanger les pinceaux. Même si j’ai eu quelques difficultés sur certaines caractéristiques de ce roman, je l’ai dans l’ensemble apprécié. Tout d’abord, le personnage d’Einar est évidemment très sympathique, il apparaît en concurrence perpétuelle avec la police, il est à la fois réfléchi et dispersé. Le roman est intéressant et pose aussi le problème de l’indépendance du journalisme vis à vis des politiques et des relations avec la police. Il traite aussi de faits divers comme l’agression de cet homme et tente de comprendre comment de telles choses peuvent arriver. L’homosexualité est aussi un sujet phare dans ce roman, cela nous permet de comprendre comment l’Islande a évolué à ce sujet mais nous voyons que les mœurs semblent également difficiles à changer. En bref, je peux dire que nous découvrons aussi dans ce polar l’Islande et ses problèmes , l’Islande et ses intrigues , complots et meurtres…  loin de l’image magique que nous offrent les prospectus de voyage…

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