Bergsveinn BIRGISSON : La lettre à Helga

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Islande
Bergsveinn BIRGISSON - La lettre a Helga
La lettre à Helga
  • Éditions Zulma en aout 2013
  • Editions Points Seuil en février 2015
  • Editions Zulma Poche en mai 2018
  • Traduit par Catherine Eyjólfsson
  • Pages : 144
  • ISBN : 9782843048241
  • Prix : 8,95 €

Présentation de l'éditeur

« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible.

Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d’attention émerveillée à la nature sauvage.

Ce beau et puissant roman se lit d’une traite, tant on est troublé par l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis islandais, d’un homme qui s’est lui-même spolié de l’amour de sa vie.

L'AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Lettre d’amour à celle qu’il n’a pas choisi.

Campagne Islandaise, l’éleveur de moutons et contrôleur du fourrage Bjarni regardait avec envie les courbes généreuses de sa voisine Helga. Mais il n’a pas su se décider quand il le fallait. La terre de ses ancêtres valait-elle vraiment tous les sacrifices ?

Il lui écrit une lettre alors que son épouse vient de mourir

« Chère Helga,

Certains meurent de causes extérieures. D’autres meurent parce que la mort depuis longtemps soudée à leurs veines travaille en eux, de l’intérieur. Tous meurent. Chacun à sa façon. Certains tombent par terre au milieu d’une phrase. D’autres s’en vont paisiblement dans un songe. Est-ce que le rêve s’éteint alors, comme l’écran à la fin du film ? Ou est-ce que le rêve cange simplement d’aspect, acquérant une autre clarté et des couleurs nouvelles ? Et celui qui rêve, s’en aperçoit-il tant soit si peu ?

Ma chère Unnur est morte. Elle est morte en rêvant, une nuit où il n’y avait personne. Bénie soit sa mémoire. » (page 9)

Il se dégage une telle intensité et une telle beauté de ce texte, et une même temps une douleur et des regrets au fil des mots. Récit poétique et charnel.

« Tu mis à vif en moi une attirance qui ne fit que s’exacerber et qui pouvait se transformer en brasier à tout moment, sous le moindre prétexte. Si je voyais une bosse de terrain rebondie ou une meule bien ronde, leurs courbes se confondaient dans ma tête avec les tiennes, de sorte que ce n’était plus le monde extérieur que je percevais, mais toi seule dans toutes les manifestations de ce monde. Quand je voyais un agneau têter goulûment sa mère, je m’identifiais à lui. » (pages 33-34)

A la fois déclaration d’amour et acte manqué.

Un des plus beaux textes que j’ai pu lire. L’histoire est tellement intense et dotée d’une forme de sagesse très ancienne. Je m’attendais donc à découvrir un auteur très âgé et ma stupeur fût grande lorsque j’ai découvert que Bergsveinn Birgisson était né en 1971.

Il existe une version audio de cet ouvrage lu par l’acteur et comédien Rufus (Audiolib), sa voix et son interprétation sont également sublimes.

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