Interview de Guillaume PATARD-LEGENDRE, Conseiller technique du festival Les Boreales

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France

Guillaume PATARD-LEGENDRE
Guillaume PATARD-LEGENDRE

Guillaume PATARD-LEGENDRE est conseiller technique du Festival Les Boréales. Il est notamment très impliqué dans l’organisation des 24 heures chrono du polar nordique. (Guillaume PATARD-LEGENDRE est parti vers de nouvelles aventures professionnelles en 2015. Il a été remplacé par Marion CAZY)

Découvrez son métier, son parcours et ses conseils pour les personnes attirées par sa profession. Plongez dans l’univers des Boréales.

Du 15 au 30 novembre 2013, le festival LES BOREALES a rendu hommage à la littérature nordique pour sa XXII ème année. L’Islande et la Lituanie étaient les invitées d’honneur. Rendez-vous littéraires, concerts, expositions, cirque, danse, ateliers….

Et Henning MANKELL a obtenu reçu le Prix obtenu Prix d’honneur Boréales / Région Basse-Normandie du polar nordique.

Bonjour Guillaume, en novembre 2013 a eu lieu la troisième édition des 24 heures chrono du polar nordique, comment est né ce projet ?

Je sais qu’il n’aime pas qu’on le présente comme ça, mais c’est une idée lumineuse de Guillaume Lebeau. Le polar nordique connait un énorme succès depuis de très nombreuses années et les ventes record de la trilogie Millenium en ont fait un véritable phénomène de société. Il nous semblait alors normal de mettre en avant une littérature que Les Boréales défendent depuis toujours. Guillaume Lebeau nous a donc soufflé ce concept de 24h chrono… En gros, si vous mettez une semaine à vous remettre de cette nuit blanche, vous connaissez le fautif.

Après Indridason en 2011, Camilla Läckberg en 2012, cette année, vous avez réussi à faire venir Henning Mankell, comment se prépare une telle venue ?

Il y a plusieurs facteurs qui permettent de faire venir de tels noms au festival. Le premier, et pas des moindres, c’est la notoriété du festival dans les pays nordiques. Caen est incontestablement devenu une étape obligée pour tout écrivain nordique. Je crois également que le caractère chaleureux et convivial du festival y joue pour beaucoup. Nous essayons autant que possible d’être au plus proche des écrivains, qu’ils se sentent bien chez nous. Nous cherchons également à créer une certaine intimité lors des rencontres entre les auteurs et le public. Si un écrivain repart content d’un festival, ses autres amis écrivains le sauront. Le milieu littéraire nordique est finalement assez réduit, les auteurs se connaissent, il ne faut en aucun cas négliger ce point ! Enfin, la persévérance est la dernière clé ! Camilla Läckberg, Indridason ou Mankell ont tellement de sollicitations qu’ils ne pourraient plus jamais écrire s’ils donnaient suite à toutes. Il faut donc s’armer de patience, entretenir des liens réguliers avec les agents et les auteurs et s’y prendre très tôt. Nous nous penchons déjà sur novembre 2014…

Quelles sont les dernières séries TV et les derniers auteurs qui vous ont marqué dans l’univers nordique ?

Je risque d’en faire hurler plus d’un mais je ne suis pas du tout série TV… Je sais que les pays nordiques, et notamment le Danemark, ont une production de qualité, mais je n’arrive pas à m’y mettre. En 2014 peut être. En polar, Jussi Adler Olsen est pour moi un véritable coup de cœur. Un auteur à découvrir absolument pour ceux qui ne le connaissent pas encore. Dans les auteurs accueillis cette année et qui n’écrivent pas de romans policiers (ça arrive), j’ai beaucoup aimé le dernier livre de Katrina Kalda, Arithmétique des dieux. La lettre à Helga de Bergsvein Birgisson est également une très belle découverte.

Quel auteur nordique de romans policiers n’est pas encore venu au festival et que vous aimeriez recevoir ?

Il y en a plusieurs et heureusement. Jussi Adler Olsen dont je parlais précédemment. Lars Kepler, Roslund et Hellström, Jo Nesbo, qui est déjà venu au festival mais avant que je n’y travaille.

Quand avez-vous rejoint « l’aventure Les Boréales » ?

En 2007, par un stage. Je finissais mes études de cinéma et démarrais une thèse autour du cinéaste Aki Kaurismäki. J’ai frappé à la porte du CRL, ils m’ont laissé entrer, et je ne suis pas reparti !

Pouvez-vous nous présenter votre journée type ?

La journée type n’existe pas car elle est fonction de la période de l’année dans laquelle je me trouve. Pour schématiser, de janvier à juin, nous sommes dans la mise en place de la programmation, des partenariats, l’invitation des écrivains, l’élaboration de la tournée des écrivains en région… Juin, juillet, nous démarrons la communication, élaborons les dossiers de presse, etc… A partir de fin aout commence une lutte permanente contre le calendrier. Le public ne s’en rend pas toujours compte, mais les échéances arrivent très vite. Enfin, novembre est une sorte de tourbillon dans lequel on se retrouve embarqué – évidemment la période la plus exaltante de l’année. Et décembre…je dors.

Quel est votre parcours professionnel ?

Le festival est me première expérience professionnelle J’ai fait des études de cinéma à l’Université de Caen et travaillé sur le cinéaste finlandais Aki Kaurismäki à cette occasion. Comme je l’expliquais précédemment, je suis entré en stage au CRL Basse-Normandie.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui aimerait exercer votre métier ?

Avant tout de la persévérance et de l’acharnement. Ce n’est un secret pour personne mais le milieu culturel n’est pas le plus grand pourvoyeur d’emploi. C’est une donnée qu’il faut impérativement connaître avant de se lancer dans cette branche. Ensuite, il est essentiel de multiplier les expériences : stages, bénévolats, etc… Le réseau est primordial dans ce milieu et il n’y a pas meilleure façon pour s’en constituer un.

Quels étaient pour vous les temps forts de l’édition 2013 du Festival Les Boréales ?

La venue de Mankell restera pour moi un des grands moments de cette édition. Le débat autour de la traduction, proposé à l’IMEC était également très riche. Enfin, le concert d’Epic Rain à la Maison de l’étudiant : une grosse claque !

Et pour clore cette interview, quels sont vos livres cultes ?

C’est toujours difficile de répondre à cette question, aussi bien pour les livres, les films que la musique…
Si on doit rester dans l’univers nordique, j’ai une affection particulière pour L’empereur du Portugal de Selma Lagerlöf. C’est le premier livre que j’ai lu en arrivant aux Boréales – j’en garde un souvenir vraiment fort

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