Interview de l’auteur Jussi Adler Olsen

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Danemark

jussi adler olsen Vous avez écrit plusieurs thrillers avant la  série Département V. Comment est-elle née ? Est-ce différent d’écrire un roman ou une série ?

Retour en 2005, le cinéaste danois Rumle Hammerich m’a suggéré d’écrire une série se déroulant au Danemark avec un détective. A l’époque, cela ne m’intéressait pas. Je n’avais pas envie de faire quelque chose que tant d’autres avaient fait avant moi donc j’ai rejeté cette idée mais c’est resté dans un coin de mon esprit. Je voulais être libre d’écrire sur tous les sujets et sans un lieu précis or généralement on ne peut pas le faire car la police a des domaines de compétences clairement définis. Puis il m’est venu l’idée d’un personnage qui en avait marre de son travail et qui serait content d’être viré. Pour se débarrasser de lui, il serait placé tout seul dans un département avec des « cold cases ». Ainsi il pourrait faire ce qu’il veut sans se soucier des conséquences.

Lorsqu’on écrit un roman sans restriction, on peut le développer comme on veut. Ecrire use série impose de nombreuses contraintes sur l’écriture. Mais en même temps, cela peut être amusant. Surtout quand cela signifie qu’à chaque fois que vous commencez un nouveau roman de la série, vous vous retrouvez avec de vieux amis, parce que c’est ce que Carl, Assad et Rose sont devenus pour moi.

Savez-vous déjà comment les personnages de Mork et Assad vont évoluer ? Vous avez écrit 6 tomes, il y en – t-il d’autres à venir ?

Oh oui, avant d’avoir commencé à travailler sur le premier opus, j’ai commencé par écrire un synopsis complet de la série qui sera en dix tomes. J’ai esquissé l’histoire de chacun des personnages, parce que je savais que je voulais parsemer des indices sur leur personnalité tout au long de la série, et tout sera complètement révélé lorsque la série sera finie. Bien entendu pendant la phase d’écriture, j’ai développé davantage leurs histoires personnelles mais au fond je savais déjà tout sur chacun lorsque j’ai commencé.

« Misericorde » a été adapté en film et les autres livres ?

Faire des films revient souvent à couper des choses dans l’histoire, et honnêtement j’ai un peu de mal à reconnaitre mon travail dans les deux films qui ont été fait.

Donc je suis vraiment très fier que le scénariste et producteur américain Scott Frank (connu pour Minority Report, Little Man Tate, etc.) soit actuellement en train d’écrire une série TV basée sur mes livres. Chacun roman sera raconté en une saison. Je suis très excité par ce projet car maintenant je sais que chacun de mes personnages aura la chance d’être développé davantage. L’idée est que chacun de mes dix roman ait sa propre saison TV.

Vous avez grandi dans différents hôpitaux psychiatriques où votre père était médecin, comment cela a influencé votre carrière en tant qu’auteur ?

Habiter parmi des personnes instables mentalement et parfois en plein délire a bien entendu eu une grande influence sur ma vie et sur mon écriture. Grâce à mon excitante et très heureuse enfance, j’ai appris la dualité du genre humain : le mal et le bien peuvent co-exister dans une même personne et surtout comment la société peut influencer la partie de l’être humain qui prendra le dessus lors de ses actes au quotidien. Je pense, personnellement, que la psychologie joue une part important dans le roman policier ou dans le thriller. Sans réelle empathie et sans prendre compte des interactions psychologiques entre les individus, la littérature est bien fade.

Est-ce que le Centre Sprogo décrit dans « Dossier 64 » existe vraiment ?

Oh oui, en effet. Lorsque j’étais enfant, j’ai grandi dans la partie nord du Jutland et plusieurs fois par an nous devions nous rendre à Zealand pour voir notre famille. A chaque fois que le ferry passait devant Sprogø mon père mentionnait les pauvres femmes qui vivaient là-bas. En tant que jeune interne mon père a travaillé dans un endroit où ces femmes ont été « recrutées » et il ne les a jamais oublié ainsi que l’injustice et l’abus il avait été témoin en tant que médecin. Au fond, mon père était gêné pour la profession médicale qu’une telle institution existe.

Je voulais vous parler du personnage de « Curt Wad ». Est-ce que c’est important pour vous de dénoncer ce genre d’homme politique ?

Ce qui compte pour moi c’est de montrer les abus de pouvoir. En fait, on pourrait dire qu’il y a un thème commun à tous mes livres, c’est celui-ci. Chaque roman nous expose une forme d’abus de pouvoir et comment stopper ça.

Quelle musique écoutez-vous lorsque vous écrivez ? Avez-vous encore le temps de jouer de la guitare ?

J’aime tous les genres de musique du moment où c’est particulièrement bien. Cela peut être de la musique classique ou des B.O de films mais pas forcément. Je ne pourrais pas vivre sans musique surtout lorsque j’écris. En écoutant de la belle musique, j’essaie de mettre mon écriture sur le même niveau. Si je sens que je n’arrive pas à faire ça, je recommence encore.

Et oui, je continue à jouer de la guitare quelques fois, mais lorsque je suis seul, car je ne suis plus aussi bon que je l’ai été.

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