Ragnar JONASSON : Enquêtes de Siglufjördur – Vík

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Ragnar JONASSON - Enquetes de Siglufjordur - Vik - poche
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PRÉSENTATION ÉDITEUR

Quand les Dix petits nègres rencontre le meilleur du polar islandais.

Des années ont passé avant qu’Ásta ne se décide à remettre les pieds à Kálfshamarsvík, à l’extrême nord de l’Islande. Là-bas, c’est comme si le temps avait tout figé : le phare, la maison qui surplombe la baie (vík, en islandais), ses rares habitants. Et le retour de la jeune femme n’est pas perçu d’un bon œil.

Quand, quelques jours avant Noël, le corps d’Ásta est retrouvé au pied de la falaise, l’inspecteur Ari Thór est dépêché sur les lieux. Dans cette contrée perdue, l’étau se resserre inévitablement sur une poignée de suspects. Mais la vérité est peut-être à chercher ailleurs, dans un passé aux résonances morbides, refoulé depuis près de vingt-cinq ans …

C’est l’agent d’Henning Mankell qui a découvert Ragnar Jónasson et vendu les droits de ses livres dans vingt-six pays. Né à Reykjavik, Jónasson a traduit plusieurs des romans d’Agatha Christie en islandais, avant d’écrire ses propres enquêtes. Avec Vík, il revient aux racines de ce qui a fait la réussite des  » enquêtes de Siglufjördur « , qui connaît un succès retentissant en France et à l’étranger.

OrigineIslande
ÉditionsLa Martinière
Date3 octobre 2019
ÉditionsPoints
Date4 juin 2020
TraductionOmbeline MARCHON
Pages304
ISBN9782732488370
Prix21,00 €

L’AVIS DE HÉLÈNE B.B.

Ragnar JÓNASSON est avocat et a d’abord traduit quelques romans d’Agatha Christie en islandais, avant de se lancer dans l’écriture. Vik est le cinquième volet des enquêtes de Siglufjördur.

Nous sommes dans le nord de l’Islande à Kálfshamarsuik (qu’il faut prononcer Kôlzamarsvik, selon le guide de prononciation donné en préambule du roman). Le village ne comporte désormais que cinq âmes ce qui devrait faciliter la tâche des deux enquêteurs, Ari Thor et Tόmas. En cette veille de Noël, tout le monde ne rêve que d’une chose, c’est un bon repas devant le feu de cheminée et le sapin illuminé, mais une jeune femme est retrouvée morte au pied de la falaise. Le souci c’est que sa sœur de cinq ans est morte elle aussi au même endroit il y a 27 ans et leur mère peu de temps avant. Quelles vérités se cachent derrière tout cela : meurtres, suicides, malédiction familiale ?

Attention nous avons là un roman addictif et le lecteur ne pourra pas lâcher ce livre avant la fin. On est ici dans un huis clos qui n’est pas sans rappeler les Dix petits nègres, d’Agatha Christie que Ragnar JÓNASSON a peut-être traduit. Ce clin d’œil à la Grande Dame du polar est fort agréable, car l’auteur a su garder ses distances avec elle. Il s’agit ici d’un hommage et non d’une trahison. Tout est réussi, car l’écriture est maîtrisée et s’appuie en permanence sur un souci du détail. Il est rare de trouver un roman où tout se tient avec autant de force. On referme le roman en se disant que pas une seule page n’est de trop, ce qui est le signe d’un polar particulièrement réussi. Bref, une vraie découverte qui donne envie de lire toute la série…

L'avis de Sophie peugnez

A l’approche des fêtes d Noël une jeune femme revient dans la maison où elle a grandi. Dans ce coin vraiment isolé de l’Islande c’est comme si le temps s’était arrêté, c’est peut être de ça dont elle a le plus besoin. Elle retrouve l’actuel propriétaire des lieux ainsi que les « gardiens » un frère et une soeur qui vivent sous ce toit depuis tellement longtemps qu’ils font pratiquement corps avec la bâtisse.

Le poids du souvenir semble pourtant l’écraser. Notamment lorsqu’elle voit la silhouette du phare qui se dessine par la fenêtre, combien de drames a-t-elle vécu ? Les retrouvailles avec les lieux seront certainement funestes.

Ari Thór, qui s’apprête à être papa, va seconder son ancien responsable sur une scène de crime. Il faut arriver à lire entre les regards et les silences pour savoir qui a pu en vouloir à Ásta. L’histoire qui entoure la victime retrouvée au pied de la falaise semble avoir ses racines dans le passé. Il faut arriver à prendre son temps et en même temps chaque minute compte. Un bébé devrait arriver d’un moment à l’autre, Kristin la compagne a accepté de l’accompagner pour garder l’esprit festif important au moment de Noël. Elle en profite elle même pour creuser le passé.

« Vík » de Ragnar Jonasson publié aux éditions La martinière est encore un tome passionnant à découvrir. L’auteur maitrise parfaitement l’art du Whodunit (rappelons qu’il a traduit Agatha Christie de l’anglais vers l’islandais). Le lecteur ne peut s’empêcher d’établir ses hypothèses et de les effacer 2 ou 3 chapitres après. J’ai adore l’esprit de ce huis-clos et un même temps j’ai été très émue. Ragnar Jonasson arrive en très peu de temps à rendre ses personnages attachants et je n’ai pas voulu le croire lorsque j’ai vu qu’il avait Ásta, j’imaginais que j’aurai le temps de la connaitre et de la voir évoluer tout au long de ce tome.

L’esprit des secrets de famille est parfaitement exploité. Le doute qui peut même habiter des gens qui vivent sous le même toit. Je pense notamment à la relation entre cette soeur et son frère très âgé. Une fois de plus un roman qui peut séduire les fans de romans policiers et en même temps ce qui n’en lisent que très rarement (voir pas du tout). Ce n’est pas violent. Et il y a un aspect addictif dans l’univers de Ragnar Jonasson. Alors que les mois se sont écoulés depuis que j’ai refermé ce roman, il y a encore comme des vieilles photos jaunies qui apparaissent sous mes yeux, des paroles murmurées qui s’envolent avec le vent. J’ai l’impression d’avoir gravi les marches de ce phare et une partie de moi est certainement en train d’errer dans ce coin sauvage d’Islande. C’est très apaisant.

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