Ragnar JONASSON : Enquêtes de Siglufjördur – Snjór

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Islande

Un huis-clos à l’anglaise dans le plus grandiose des décors scandinaves. Ragnar Jonasson, la nouvelle révélation du polar islandais.

Ragnar JONASSON- Snjor
Snjor
  • Éditions La Martinière le 12 mai 2016
  • Editions Points le 9 mars 2017
  • Traduit de la version anglaise d’après l’islandais par Philippe REILLY
  • Pages : 352
  • ISBN : 9782732478500
  • Prix : 21,00 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Siglufjördur, ville perdue au nord de l’Islande, où il neige sans discontinuer et où il ne se passe jamais rien. Ari Thór, qui vient de terminer l’école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Mais voilà qu’un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre et que le corps d’une femme est retrouvé, à moitié nu, dans la neige. Pour résoudre l’enquête, Ari Thór devra démêler les mensonges et les secrets de cette petite communauté à l’apparence si tranquille.

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Reykjavik printemps 2008, Ari Thor Arason savoure que sa petite amie se soit enfin installée avec lui. Même si elle a souvent la tête dans ses livres en vue des examens pour devenir médecin, il aime les moments passés avec elle. Et il est bien placé pour la comprendre, lui qui est un tout jeune flic. Même s’il a un parcours atypique, il a effet d’abord étudié la philosophie puis la théologie.

Le lien qui les unit va être mis à rude épreuve à cause e d’un simple coup de fil. On propose à Ari un poste, il n’ose refuser et s’engage sans consulter celle avec qui il vit espérant qu’elle le suivra dans le nord. Lui n’ayant lui aucune attache, ses parents étant décédés.

C’est la véritable douche froide. Elle ne le comprend plus et l’arrivée à Siglufjördur ne va pas être simple à vivre. Lui qui rêvait d’action, apprend qu’il ne se passe rien. Que la population a coutume de passer au commissariat pour se faire payer un café. Ils semblent être les garants du bien être et il n’y a jamais aucun événement grave.

Ari est persévérant et curieux. Lorsqu’une femme va mettre fin à ses jours, il va vouloir creuser la piste même si sa hiérarchie lui interdit. Il poursuit dans cette direction, quitte à voir sa carrière voler en éclat. Alors qu’il lui a certainement sacrifié sa belle histoire de couple.

La chute d’un ancien grand auteur et membre de la troupe de théâtre locale va titiller son instinct. Il est bien placé pour mener ses investigations car sa troublante professeur de piano fait partie de la compagnie. Mais celui que tout le monde surnomme « le Pasteur » (vive les surnoms dans les petites villes) arrive-t-il à avoir un regard encore impartial.

J’ai vraiment aimé découvrir l’univers de Ragnar JONASSON. Son personnage Ari a un côté un peu gauche, presque naïf, il bouillonne de l’envie de vivre d’aller de l’avant et en même temps il a un tel besoin d’aimer et de se sentir aimer. Le travail sur les personnages est très important dans ce roman. Ragnar JONASSON a traduit des auteurs comme P.D James de l’anglais vers l’islandais, cela l’a peut-être inspiré dans une partie de son travail. Il y a un aspect Wodunit. Une galerie de portraits, on a certainement croisé le coupable car il ne faut se fier aux apparences. C’est « très frais », limpide à lire.

Les lieux, nous les découvrons via Ugla qui a fuit un passé trop lourd et les on-dit. Elle croise la route d’Hrolfur, ce grand écrivain qui nous fait penser à des grands noms de la littérature islandaise qui savent manier avec talent des textes en prose nimbés de poésie.

Et au-delà de l’enquête policière c’est une peinture très intéressante de l’Islande. On perçoit très nettement les différences entre une ville comme Reykjavik qui a l’air moderne, active. Et un lieu comme Siglufjördur où les choses paraissent tourner comme dans le passé. Il suffit d’une grosse tempête de neige pour bloquer l’accès important de la ville (créant une forme de claustrophobie chez Ari).

Le paysage est un personnage du roman. La ville a ses codes qui lui sont propres et notre pauvre Ari réussirat-il à s’intégrer ce n’est pas gagné. C’est aussi un état des lieux des difficultés économiques de l’Islande. Des lieux où la pêche était une source fleurissante de revenus sont maintenant démunis et ont du mal à faire face.

A refermant ce livre, j’ai eu le sentiment d’en savoir un peu plus sur la vie des habitants de ce pays et j’ai passé un excellent moment.

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5 Commentaires

  1. Merci, ça me donne envie de le lire. Ma PAL est tellement importante qu’il faudrait que je m’enferme pendant des mois dans une grotte pour en venir à bout.

  2. Carine, je te comprends nous devons avoir les mêmes PAL. Tu devrais vraiment trouver du temps pour celui-ci, il y a quelque chose qui change avec cette série, cela fait du bien, c’est une très belle découverte. Et j’ai hâte de lire les autres livres de la série.

  3. Bonjour,
    J’ai hâte de le lire moi aussi mais pour l’instant, je ne l’ai pas encore trouvé. Patience …
    Meilleurs voeux à vous tous et toutes. Amitiés.

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