Sofi OKSANEN : Baby Jane

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finlande

Sofi Oksanen est un grand écrivain qui sait aborder les sujets difficiles avec  beaucoup de talent.

INFOS ÉDITEUR

Sofi OKSANEN - Baby Jane

Parution aux éditions Stock en mai 2014

Parution aux éditions Livre de Poche en septembre 2015

Traduit par Sébastien Cagnoli

« Elle payait le taxi, cherchait des sièges libres, veillait sur le bien-être de sa compagne. Dans les bars homos, on coupait la file d’attente et elle me présentait à tout le monde. Dans les soirées nanas, on dansait des slows et elle respirait encore sur ma nuque. C’était la perfection. »

Qu’est-il arrivé à Piki, la fille la plus cool d’Helsinki, qui vit désormais recluse dans son appartement ? Submergée par de terribles crises d’angoisse, elle ne parvient plus à faire face au quotidien. Faire des courses ? Impensable. Boire un verre dans un bar ? Impossible. Sans compter sur les problèmes financiers. Comment gagner sa vie lorsqu’on refuse d’interagir avec le monde ? La narratrice, son grand amour, tente de l’aider comme elle peut. Ensemble, elles vont monter une entreprise d’un goût douteux pour exploiter la faiblesse des hommes. Au mépris d’elle-même, elle va essayer de la sauver. Mais à quel prix ?

Hommage à Qu’est-il arrivé à Baby Jane de Robert Aldrich, le second roman de Sofi Oksanen explore la question de la féminité et de l’homosexualité sous un angle contemporain.

(Source : Stock – Pages : 252 – ISBN : 9782234071582 – Prix : 19,50 €)

L’AVIS DE HÉLÈNE B.

Sofi Oksanen nous conte dans ce roman la relation fusionnelle de deux jeunes femmes, Piki et la narratrice. Histoire rythmée par leur entreprise commune (la vente par correspondance de lingerie) et la dépression de Piki. Cette histoire d’amour à l’issue tragique est finement racontée.

Sofi oksanen, une fois encore, nous invite au cœur des névroses humaines et aborde ici  la dépression nerveuse. Les deux héroïnes le sont toutes les deux  d’une manière différente. Si la narratrice semble guérie, ce n’est pas le cas de son grand amour qui en souffre et fait souffrir  l’autre. Dommage collatéral -dirions-nous- de la maladie ?

Elle traite cette pathologie de manière très sobre, on devine la très grande souffrance de Piki, cette prison qu’elle a  construite, ces murs infranchissables qu’elle a érigés. Si la narratrice semble volontaire, Piki est dans un processus d’autodestruction. L’alcool est une échappatoire mais l’isole. Même  l’amour fusionnel qu’elles vivent n’est pas suffisant pour qu’elle survive. Jusqu’au drame, ce jour où tout bascule, violence, jalousie, incompréhension. La rupture est inéluctable, la narratrice se réfugie dans une relation hétérosexuelle conventionnelle, fuyant son ancienne vie et Piki . Mais la rupture n’a pas tout détruit. Leurs retrouvailles sont sincères, la dépression est toujours là et  la narratrice devra pour sauver son amour faire le choix le plus difficile qu’il soit…….

Fin très belle mais difficile, Sofi Oksanen est un grand écrivain qui sait aborder les sujets difficiles avec  beaucoup de talent. Ce roman est d’une grande intensité émotionnelle et dramatique.

1 COMMENTAIRE

  1. Belle chronique ! j’aime bcp cette auteure que j’avais découvert avec PURGE et j’ai lu le suivant LES VACHES DE STALINE.
    Faut que je lise celui ci aussi, elle a une plume admirable, forte, puissante.

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