Arnar Már ARNGRIMSSON : Viré au vert

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Islande
Arnar Mar ARNGRIMSSON - Vire au vert
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  • Éditions Thierry Magnier le 24 octobre 2018
  • Traduit par Jean-Christophe Salaün
  • Pages : 340
  • ISBN : 9791035202002
  • Prix : 16,90 €

Présentation de l'éditeur

Au départ, Sölvi a cru à une plaisanterie, à un scénario de mauvais film. Mais non. Cette fois, ses parents ne changeront pas d’avis : ils renvoient passer l’été loin de la ville, chez sa grand-mère qu’il connaît à peine et qui vit dans une ferme perdue dans test de l’Islande. Il bouillonne de rage : ces idiots croient-ils vraiment qu’il supportera de passer trois mois avec cette vieille folle, privé de connexion, de portable et d’ordinateur ? Une petite mort pour Sölvi qui, à peine arrivé, s’enferme dans l’ancienne chambre de son père, figée dans les années 80. Des vinyles, des BO, de vieilles sagas islandaises qui sentent le renfermé. Et ce n’est pas griffonner deux trois textes de rap de plus dans son carnet qui occupera ces journées interminables. Comment survivre à cette virée au vert forcée quand la seule idée qui vous obsède est de tout détruire autour de vous ? Un premier roman âpre et rythmé qui nous entraîne à la suite de Sölvi dans la découverte d’un quotidien islandais sauvage et authentique.

Notre Avis

Sölvi est un jeune garçon obsédé par son ordinateur et son téléphone. Il pense d’abord à une vaste blague puis il est presque un état de choc lorsque ses parents lui annoncent qu’ils ont décidé de l’envoyer au vert. Se retrouver chez sa grand-mère dans un trou paumé sans pouvoir communiquer avec le monde extérieur, il préférerait mourir. Et comment se nourrir de la vision des courbes féminines et autres parties plus intimes qu’il affectionne tant via le prisme de l’écran.

Il découvre la chambre où a grandi son père : comment ça lui aussi a été jeune un jour. Il écoute les vinyls de Joy Division et d’autres groupes. Poussé par sa grand-mère, il lit des BD mais aussi des romans. Un nouveau monde s’ouvre à lui.

Les activités manuelles c’est pas son truc (enfin ça dépend…). Peut importe son aïeule ne lâche rien. Il l’aide ainsi que le voisin Tomas. Ils ont un sacré accent, pas son mode de vie. Mais inconsciemment il s’acclimate, une jeune présence féminine l’aide dans ce sens.

Et si on lui avait un jour qu’il aiderait un troupeau de moutons à se déplacer, impensable.

« Viré au vert » d’Arnar Mar Arngrimsson traduit par Jean-Christophe Salaün est un texte publié pour les ados surprenant. Il gratte, il surprend au début, dérangera peut-être certains par l’aspect très sexué de cet ado solitaire. Puis c’est il s’apaise et le lecteur s’apaise avec lui. Il y a une grande respiration qui s’opère. On savoure le calme et en même l’énergie qui se dégage de sa grand-mère atypique. Portrait très touchant. Je ne m’imaginai pas en lisant les premières lignes que je finirai ce livre en ayant la gorge nouée. J’ai presque eu le sentiment d’avoir aussi parcouru ces grandes étendues et d’avoir participé à la transhumance.

Les éditions Thierry Magnier ont encore su trouver un texte qui parle d’un ado pour les ados mais pas seulement. Cela permet peut-être de mieux comprendre tout ce qui tourbillonne, s’agite dans les têtes et les corps des jeunes. Mais j’avoue qu’à plus de 40 ans, j’ai aimé me déconnecter quelques heures et retrouver des sensations où tout change si vite. Et un peu comme si j’avais ouvert une vieille malle, trouvé des polaroïds et l’espace d’un instant réfléchir sur un passé qui n’est pas si loin que ça. Ne pas oublier de profiter des ainés pendant qu’ils sont encore là. L’héritage se dessine parfois juste à travers la pochette d’un vieux disque ou la couverture un peu cornée d’un livre.

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