Olivier TRUC : Le dernier Lapon

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France

INFOS ÉDITEUR

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Parution aux éditions Métailié collection Métailié Noir le 13 septembre 2012

Parution aux éditions Points Seuil en septembre 2013

  • Lauréat du prix des lecteurs Quai du polar / 20 MIN 2013
  • Prix Mystère de la critique (2013)
  • Prix du premier roman Rotary Club et Salon du livre de Cosne-sur-Loire (2013)
  • Prix du Polar des médiathèques d’Antony (2013)
  • Prix Mes-Sou-Thu (prix des bibliothèques de Messimy, Soucieux-en-Jarrest et Thurins) (2013)
  • Trophée 813 du festival Paris Polar (2013)
  • Prix des lecteurs Plume Libre – Plume de bronze dans la catégorie « Nouvelle plume polar- thriller francophone » (2013)
  • Prix 1001 Feuilles Noires de la Bibliothèque de Lamballe (2013)
  • Prix Goutte de Sang d’Encre, prix des lecteurs décerné par le réseau des médiathèques de la Ville de Vienne (2013)
  • Prix Sang d’Encre de la Ville de Vienne (2013)
  • Prix polar Michel Lebrun (2013)
  • Prix Inter polar du festival polar de Reims (2013)
  • Prix Robinsonnais (2013)
  • Prix Thierry Jonquet (2013)
  • Prix Biblioblog (2013) – Prix du Polar de Lens (2014)
  • Prix du Polar du salon St-Maur en poche (2014)

L’hiver est froid et dur en Laponie. À Kautokeino, un grand village sami au milieu de la toundra, au centre culturel, on se prépare à montrer un tambour de chaman que vient de donner un scientifique français, compagnon de Paul-Emile Victor. C’est un événement dans le village. Dans la nuit le tambour est volé. On soupçonne les fondamentalistes protestants laestadiens : ils ont dans le passé détruit de nombreux tambours pour combattre le paganisme. Puis on pense que ce sont les indépendantistes sami qui ont fait le coup pour faire parler d’eux.

La mort d’un éleveur de rennes n’arrange rien à l’affaire. Deux enquêteurs de la police des rennes, Klemet Nango le Lapon et son équipière Nina Nansen, fraîche émoulue de l’école de police, sont persuadés que les deux affaires sont liées. Mais à Kautokeino on n’aime pas remuer les vieilles histoires et ils sont renvoyés à leurs courses sur leurs scooters des neiges à travers l’immensité glacée de la Laponie, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes dont les troupeaux se mélangent. Au cours de l’enquête sur le meurtre Nina est fascinée par la beauté sauvage d’Aslak, qui vit comme ses ancêtres et connaît parfaitement ce monde sauvage et blanc.

Que s’est-il passé en 1939 au cours de l’expédition de P-E. Victor, pourquoi, avant de disparaître, l’un des guides leur a-t-il donné ce tambour, de quel message était-il porteur ? Que racontent les joïks, ces chants traditionnels que chante le sympathique vieil oncle de Klemet pour sa jeune fiancée chinoise ? Que dissimule la tendre Berit malmenée depuis cinquante ans par le pasteur et ses employeurs ? Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et a l’air de bien connaître la géologie du coin ?

Dans une atmosphère à la Fargo, au milieu d’un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l’hypermodernité et de la tradition d’un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

« Le dernier Lapon » se déroule dans les pays scandinaves et même si il est écrit par un auteur français, au vue de la richesse qu’apporte cet ouvrage, je l’ai classé dans l’univers nordique (Sofy)

Pour en savoir plus sur Olivier TRUC, découvrez sa biographie et sa bibliographie et lisez l’INTERVIEW qu’il a accordé à l’équipe de Zonelivre.fr

(Sources :Points Seuil, Métailié – Pages : 456 – ISBN : 9782864248835 – Prix : 22 €)

 L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Lorsqu’un roman devient comme un chant et vous touche au plus profond de votre être.

Janvier. Laponie. Nuit polaire. « Demain , entre 11h14 et 11h41, Klemet allait redevenir un homme, avec une ombre. Et, le jour d’après, il conserverait son ombre quarante-deux minutes de plus. » Klemet n’est pas un policier que l’on a l’habitude de croiser : il appartient à la police des rennes et il s’occupe de gérer les conflits entre éleveurs notamment lorsque les bêtes vont se mélanger à d’autres troupeaux…

Il forme une jeune collègue Nina Nansen originaire du sud de la Norvège aux moeurs des Samis qu’elle ne connait pas du tout. La disparition d’un tambour traditionnel va provoquer une vive émotion. Ce objet était utilisé par les chamans. Et cette pièce rare venait de rentrer au pays et devait être exposée dans un musée.

Les habitants vont être touchés : d’une part les Samis car une partie de leur héritage a disparu, et de l’autre côté les extrémistes norvégiens qui trouvent que l’on donne beaucoup trop d’importance à cette population indigène.

Un des éleveurs est assassiné et comble de l’horreur ont lui a coupé les oreilles.

La police des rennes mène l’enquête, mais elle doit arrivé à gérer avec le police locale notamment un chef de police ouvertement raciste qui attaque sans cesse Klemet sur ses origines lapones. Et l’enquête couvre tout le territoire lapon donc il faut également travailler avec la justice et les méthodes suédoises.

Les frontières tracées récemment par les hommes sont comme des cicatrices sur la Laponie. Et les événements récents sont certainement liés avec des faits anciens.

« Le dernier lapon » est un texte magnifique qui nous éclaire des faits politique, économique et ethnologique. Un texte qui est une véritable porte sur la culture et qui donne envie de fouler le sol de Laponie tout en étant vigilant à ne pas troubler la faune locale et ses habitants, à ouvrir des tas d’ouvrages notamment sur l’expédition de Paul-Emile Victor, d’étudier et de comprendre cette civilisation.

Un ouvrage sur la transmission des cultures et en même sur les réalités économiques. Trouver l’équilibre entre la préservation et l’évolution. La présence toujours menaçante de l’extrême-droite.

La Laponie que l’on connait souvent de nom sans avoir ce qu’elle représente exactement. Territoire s’étendant au Nord de la Norvège, de la Suède, de la Finlande, et au nord de la presqu’ile de Kola en Russie).

Le peuple des Lapons (ou Samis) a sa propre langue que les gouvernements ont été interdits à un moment donné, il y a beaucoup d’éleveurs de rennes. Les animaux vivant en semi-liberté sur des grands territoires et se déplaçant pour se nourrir. Les bêtes ne tiennent pas compte des frontières, c’est aux bergers d’être vigilants.

L’alcool a été une arme pour affaiblir de nombreux hommes : on a ce phénomène en Laponie mais on retrouve des scènes similaires avec les indiens d’Amérique de Nord. On imagine très bien la difficulté de la vie pour des personnes dont les principaux contacts sont avec leurs bêtes et les autres éleveurs. Vivre dans les gumpis avec des conditions climatiques difficiles. Mais également la beauté des grands espaces, le choix entre la modernité de se déplacer sur les scooter des neiges ou avoir une plus petite exploitation et se déplacer encore à ski de fond.

Voir le soleil se lever quelques instants puis disparaitre. La capacité que toutes ces personnes ont à vivre dans la nuit polaire.

La religion a également à une part importante notamment les règles de vie très stricte des Laestadiens

« Le dernier Lapon » nous fait découvrir la police des rennes, force d’intervention dont je n’avais jamais entendu parler mais dont le rôle est primordial dans cette région.

On s’aperçoit que même des personnes avec des racines lamis ne connaissent pas forcément tous les éléments de leur culture : comme la capacité à lire les symboles tracés sur les tambours (même si il est vrai que ces instruments appartenaient aux chamans). La frontière entre tradition et folklore… Lorsque les souvenirs se mélangent, pour parfois s’effacer.

Je pose ce livre, je pose mes valise en espérant qu’Olivier Truc m’emmènera très rapidement retrouver la terre lapone.

L’auteur vit à Stockholm et il nous offre tellement d’informations sur la vie dans cette partie des pays scandinaves que l’on aurait pu imaginer que cet ouvrage a été par un auteur nordique.

L’intrigue policière est parfaitement intégrée dans le récit et j’aimerai beaucoup retrouver Nina et son acolyte.

Suivre Klemet sur les traces de ses ancêtres avant que la neige ne recouvre les dernières traces et que cette culture s’éteigne.


L’AVIS DE JEAN-MARC VOLANT

Un éleveur de rennes assassiné, et les deux oreilles tranchées…

Le vol d’un tambour sacré, issu de la culture sami… Et pendant ce temps, un géologue français a des envies de richesse, et demande à explorer des terres riche d’une matière noble et jaune…
Une enquête pour la police des rennes qui promet de ne pas être simple.

Après avoir eu la joie de rencontrer l’écrivain lors d’une rencontre/dédicace et les avis et recommandations positifs lus ici et là sur son premier roman, je me suis donc jeté sur cette enquête policière dans le grand Nord, aux confins de la Laponie.

Olivier Truc, dont c’était le premier roman (sans que cela soit nécessairement un polar comme il le dira lui-même lors de la conférence) nous fait profiter de sa grande expérience et connaissance de la Laponie et des régions proches de cette contrée du grand nord. Journaliste de profession et spécialiste des pays baltes, il réside à Stocklom depuis des années et s’est servi de son vécu en tant que journaliste et documentariste pour écrire un prodigieux roman, en mélangeant le monde moderne et les rites anciens du peuple sami, ancien peuple de Laponie, toujours présent sur les terres nordiques.

Un roman fort, puissant et pas seulement pour le récit d’une enquête de la police des rennes sur un meurtre et le vol d’un tambour sacré, mais aussi pour la formidable histoire humaine que le romancier a su raconter à travers ses personnages et notamment la culture de ce peuple ancien que sont les Sami.

A partir de son expérience et muni d’une grande documentation (le journaliste connait admirablement son sujet, l’ayant évoqué avec passion à la conférence) Olivier Truc a bâti une intrigue solide, fiévreuse (malgré le froid du grand nord) en alliant rebondissements, dialogues prenants, entre scènes fortes et plus intimes.

De très bons personnages principaux et secondaires, et un duo de flics particulièrement attachant et prenant (j’ose dire avec une belle complicité aussi forte que celle des débuts de Sharko et Hennebelle, pour les fans des thrillers de Franck Thilliez, du moins ce fut mon ressenti) Klemet, ancien sami, devenu policier de la fameuse « police des rennes » et sa jeune recrue Nina, toute fraichement débarquée de l’école de police, vont tous deux avoir fort à faire pour dénouer les noeuds d’une intrigue plus complexe qu’il n’y parait. Entre affaire politique avec la grande ville de Oslo (l’enquête se déroule dans une petite ville reculée) le respect des traditions anciennes du peuple sami, et le désir de résoudre ce meurtre ignoble sans mobile apparent, Klemet et sa jeune partenaire vont devoir braver tous les dangers et mise en garde possibles et inimaginables pour aller au bout de leurs investigations. Un géologue français avide de cupidité ne va pas arranger leurs affaires, celui ci se révélant plus suspect qu’il ne voudrait faire croire.

Mais au delà de l’aspect strictement « enquête policière », c’est du côté humain qu’il faut se pencher pour apprécier pleinement ce polar nordique. En effet, le romancier français fait preuve de beaucoup d’humanité dans l’écriture de son roman, avec ses personnages fortement attachants, que l’on suit avec grand plaisir. Des personnages dont l’auteur a savamment écrit leur histoire avec leurs souvenirs, leur passé, leurs souffrances mais aussi leurs joies. Avec leurs sentiments, au sein de cette enquête écrite, Olivier Truc réussit là où beaucoup d’auteurs de polars ont magnifiquement rendu la chose possible : donner beaucoup d’humanité à leurs héros de papier.

De plus, ce roman est un bel hommage à cette culture d’un ancien peuple lapon que sont les Sami. Je ne connaissais absolument pas cette peuplade et Olivier Truc réussit grandement le pari de nous y faire intéresser à travers l’évocation de leurs quelques us et coutumes dans ce polar sous tension. Une tension extrème tout au long de ce roman, pas perceptible de suite mais qui tout au long de ma lecture, est parvenu à me tenir en haleine.

Cette première découverte de l’écriture d’Olivier Truc, français expatrié dans les régions glaciales du grand nord ne m’a laissé froid, bien au contraire. Elle m’a pleinement convaincu de continuer et je lirai prochainement son second roman « le détroit du loup », seconde enquête de la police des rennes, qui reviendra encore pendant plusieurs romans, selon les dires de l’auteur qui n’en a pas fini avec eux.

Pour notre plus grand plaisir.


L’AVIS DE CÉLINE MARION

Me voilà donc partie au-delà du cercle polaire, pour découvrir une histoire meurtre d’un éleveur et le vol d’un tambour de Chaman.

Et tout ça de nuit… eh oui le jour n’est pas très présent dans cette partie du globe.

J’apprends donc qu’il existe une police des rennes et nos deux policiers, Klemet l’ancien et Nina, la petite nouvelle vont donc arpenter ensemble le vidda pour venir à bout de cette enquête passionnante. Il va devoir lui en apprendre sur ce peuple Sami qu’elle ne connaît pas mais sans trop se dévoiler lui-même. Il nous garde encore bien des secrets…

D’autres personnages atypiques sont disséminés ça et là et très bien exploités : Racagnal, le méchant de service reste celui qui ne donne vraiment pas envie d’être approché de près, les éleveurs, Berit, cette femme qui en sait beaucoup mais qui se découvre peu, les policiers, les politiciens…

Au final, une aventure nordique au sein d’une ethnie, les Samis, dont la culture se perd de plus en plus face à la modernité environnante et qui lutte pour exister encore demain.

Une découverte très instructive et dont on ne se lasse pas. Tout est toujours bien placé dans le texte. De l’histoire, de la géologie, de la culture tout est intégré à la perfection ; pas de longues descriptions universitaires soporifiques.

Une belle découverte !

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