Ragnar JÓNASSON : La dame de Reykjavik – 01 – La dame de Reykjavik

0
1608
Ragnar JONASSON - Hulda - 1 - La dame de Reykjavik
-

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Hulda a tout donné à sa carrière. Mais en faisant toujours cavalier seul. Elle a beau être une des meilleures enquêtrices du poste de police de Reykjavik, à soixante-quatre ans, sa direction la pousse vers la sortie.

La perspective de la retraite l’affole. Tout ce temps et cette solitude qui s’offrent à elle, c’est la porte ouverte aux vieux démons et aux secrets tragiques qu’elle refoule depuis toujours. Et ses échappées dans la magnificence des paysages islandais, pour respirer à plein poumons la sauvagerie de son île, ne suffiront plus, cette fois.

Alors, comme une dernière faveur, elle demande à son patron de rouvrir une affaire non résolue. Elle n’a que quinze jours devant elle. Mais l’enquête sur la mort d’Elena, une jeune russe demandeuse d’asile, bâclée par un de ses collègues, va s’avérer bien plus complexe et risquée que prévu. Hulda a-t-elle vraiment pesé tous les risques ?

Par l’auteur de Snjór et des enquêtes de Siglufjördur

Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Grand lecteur d’Agatha Christie, il entreprend, à dix-sept ans, la traduction de ses romans en islandais. Découvert par l’agent d’Henning Mankell, Ragnar a accédé en trois ans seulement au rang des plus grands auteurs de polars internationaux. Son nouveau roman, La Dame de Reykjavik, a été traduit dans vingt-cinq pays.

OrigineIslande
ÉditionsLa Martinière
Date7 mars 2019
TraductionPierre Brévignon
Pages320
ISBN9782732488417
Prix21,00 €

L'avis de Sophie Peugnez

Creuser le passé c’est savoir affronter ses propres fantômes et provoquer des fissures dangereuses.

Hulda s’est toujours impliqué dans son métier de flic qu’elle aime car elle est certaine d’avoir du flair et de savoir mener des investigations. Alors qu’elle devait dévoiler qu’ une mère de famille avait renverser volontairement un pédophile ne pas supportant l’idée qu’il puisse s’en prendre à d’autres enfants, Hulda apprend qu’elle doit partir immédiatement pour laisser sa place à un jeune homme brillant. Elle refuse cette retraite anticipée, elle arrive à négocier le fait de s’occuper d’une dernière affaire : un cold case. Le corps d’une demandeuse d’asile russe s’était échoué sur une plage dans l’indifférence générale, Hulda a toujours eu le sentiment que l’enquête avait été bâclée. Les investigations auraient certainement été différentes si elle avait été islandaise.

« Qui est tu Hulda ? Pourquoi ne me laisse tu pas t’approcher ?  Tu veux tout maîtriser. Peur du lâcher prise et proche du précipice ? » Loin d’être une Miss Marple un peu écrasée par le poids des ans. Cette femme possède une telle vitalité, a-t-elle envie d’un second souffle amoureux ? Veuve et elle a  été maman. Cela est écrit au détour d’une phrase. Que recèle ce vide et ces silences ? Les questions sont posées. Toutes les réponses seront données. Emouvant, troublant.

Un souffle particulier chez Ragnar Jonasson. Nul besoin de bain de sang ou de noirceur sociale trop profonde ; juste de s’arrêter, de partager la vie d’individus comme vous et moi.  Des émotions qui vous nouent la gorge. Pendant plusieurs heures, j’ai eu l’impression que mon esprit était resté dans un fjord isolé. Repensant à ce que je venais de lire, revivant certaines scènes. Lorsque les rencontres vous marquent car elles sont à la fois simples, surprenantes voir déroutantes.

Un roman qui met en lumière les conditions de vie dans les centres d’accueil avec un double focus : celui du personnel qui y travaille ainsi que celui des réfugiés et des migrants. C’est aussi un texte très fort sur la parentalité et sur les troubles de l’attachement. L’islandais Ragnar Jonasson avait séduit le public des Boréales avec son policier Ari Thor novice dans la vie de couple et dans le métier de policier. Avec Hulda il met à l’honneur une femme d’un âge certain dotée d’un intellectif très vif et qui se sent encore habitée par une énergie très forte.

Je vous invite à chausser une paire de chaussures de randonnée. A suivre les traces d’Hulda. Ne fiez pas à son âge, elle a de l’endurance. Et à découvrir les lieux où les ténèbres sont tombées.

Mots choisis extrait de la page 33

« (Elle s’assit et fixa d’un regard vide son ordinateur. Elle n’avait même plus assez d’énergie pour l’allumer.) Son bureau, qu’elle considérait comme sa seconde maison, lui paraissait tout à coup étranger, comme si le nouveau propriétaire s’y était déjà installé. Elle trouvait sa vieille chaise inconfortable, la table en bois foncé usée et abimée, les papiers qui y trainaient n’avaient plus aucun sens pour elle. (L’idée d’y passer une minute de plus lui semblait insoutenable). »

Première publication de cette chronique dans le magazine Perluète.

Partagez votre lecture dans les commentaires !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.