Ragnar JONASSON : Enquêtes de Siglufjördur – 06 – Sigló

0
308
Ragnar JONASSON : Enquêtes de Siglufjördur - 06 - Sigló
-

Présentation Éditeur

Il ne fait pas bon mourir en Islande…

À Siglufjördur, « Sigló » pour les plus connaisseurs, petit port de pêche au nord de l’Islande, les ténèbres hivernales se sont dissipées. La vie y est paisible. Mais quelques jours avant Pâques, Ari Thór, l’inspecteur de la police locale, est appelé au beau milieu de la nuit : le corps d’une adolescente a été retrouvé gisant dans la rue principale.

Un meurtre paraît peu plausible dans une bourgade aussi calme. Pourtant, non loin de là, dans une maison de retraite, un vieil homme sénile a écrit sur les murs de sa chambre : Elle a été tuée. Et s’il disait la vérité ?

Après plusieurs années passées à Sigló, l’inspecteur Ari Thór s’y sent toujours comme un étranger. Jongler avec son travail et sa vie de famille est un casse-tête. Mais l’enquête se complique, et le temps presse : une nouvelle tempête de neige pourrait bien paralyser toute la ville.

OrigineIslande
ÉditionsLa Martiniere
Date3 septembre 2020
TraductionJean-Christophe Salaün
Pages272
ISBN9782732493510
Prix21,00 €

L'avis de Sophie Peugnez

Ari Thór se prépare à recevoir chez lui son fils pour Pâques. La séparation a été longue et il espère que le petit bonhomme le reconnaitra. Il est d’astreinte lorsqu’on lui signale qu’une adolescente a été retrouvée morte dans la rue. L’inspecteur gardera à jamais l’image de cette jeune fille gravée dans son esprit. Tout indique qu’elle a fait une chute importe, s’est-elle défenestrée ? Il a fait appel à sa nouvelle recrue Ögmundur pour le seconder et mener les premières investigations.

Kristín arrive plus tôt que prévu et cela va secouer Ari Thór qui va par moment avoir la sensation qu’il forme à nouveau une famille. C’est émouvant de regarder son petit garçon s’endormir, d’échanger avec Kristín comme si ils ne s’étaient jamais quittés et en même temps il est obligé d’aller vivre à l’hôtel.

Ari Thór reçoit l’appel d’une jeune femme qui l’avait profondément troublé par le passé. Un des pensionnaires de la maison de retraite où elle travaille a écrit sur les murs : « Elle a été tuée ». Hasard, divagations ou détention d’un secret ?

« Sigló » de Ragnar Jónasson publié aux éditions La Martinière est réellement un très beau texte. Une fois de plus on a l’impression de s’immerger dans le village de Siglufjördur qui subit de véritables mutations avec un flot de touristes de plus en plus croissant. L’auteur le dit avec beaucoup de douceur et en même temps il exprime une certaine nostalgie d’un lieu plus calme. Ari Thór n’arrive plus à aller à la boulangerie et à avoir sa pâtisserie préférée pour s’octroyer un moment de détente. Les pistes de ski attirent et les prix de maisons flambent.
La transmission historique est également intéressant lorsqu’à travers le personnage de la ville on attend parler de tous ses islandais qui ont migré.
Sigló est un sublime roman sur la parentalité plus exactement sur le rapport à la fois le vide les silences et les zones d’ombres provoqués par la disparation du père d’Ari Thór il y a longtemps même Kristín n’arrive pas à savoir ce qu’avait pu découvrir son ex-compagnon (j’espère que le tome « 0 » Fölsk Nóta où Ari Thór fait des études de théologie et où il cherche à percer ce secret sera publié en France). C’est aussi Ari Thór en tant que papa qui s’inquiète sur les liens qu’il pourra tisser avec son fils malgré la distance qui existe maintenant entre eux (il vit en Suède), il est petit, se souviendra t-il vraiment de son père, va-t-il compter dans la construction de sa personnalité.

Une intrigue toujours crédible, émouvante. C’est l’une des grandes forces de cet auteur de romans policiers islandais, il propose à ses lecteurs des textes qui ne sont pas violents avec des personnages qui mènent une vie ordinaire et en toile de fond, il nous brosse la situation du village et de son pays. Il a traduit des textes d’Agatha Christie ce qui a fait naitre chez lui une maitrise du Whodunit (« qui a fait ça ? »), il y a un aspect ludique dans ses romans, on explore vraiment toutes les pistes en espérant trouver la réponse avant la fin. Il y a un travail approfondi sur la mise en place des personnages, leurs caractères et le décor.

Il a su créer un personnage principal terrible attachant (qui a des qualités humaines et en même temps des défauts sans être dans des fêlures liés à l’alcoolisme ou autre, avec lequel on a envie de discuter, de lui donner des conseils Je venais à peine de finir ce tome 6 que j’ai relu le tome 5 paru en France il y a plusieurs années maintenant pour continuer à savourer pendant plusieurs heures ces moments d’évasion. J’avais déjà adoré les précédents et je trouve qu’il monte encore en puissance, en maturité avec ce nouvel opus. C’est très agréable de l’avoir en exclusivité mondiale en France et c’est le traducteur caennais Jean-Christophe Salaun* qui traduit brillamment ce texte de l’islandais vers le français.

Nous sommes le 03 septembre, Sigló sort en librairie et j’ai déjà hâte de lire la suite. Merci à l’auteur d’avoir permis aux lecteurs français de le retrouver avant les autres, merci pour ces mots de remerciements notamment pour les lecteurs caennais. Et son nouveau traducteur Jean-Christophe Salaün, j’ai écrit ma chronique à écoutant « Route One » de Sigur Rós. C’est merveilleux combien un roman (en l’occurrence une série), une musique vous permette de vous évader. Plus que jamais on a vraiment besoin aujourd’hui.

*Profitez également de découvrir l’interview que le traducteur Jean-Christophe Salaün avait accordée à Zonelivre.fr

Partagez votre lecture dans les commentaires !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.