Le roman policier norvégien

Le roman policier scandinave, et plus particulièrement norvégien, est l’un des plus créatifs de ces seize dernières années.

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Présentation

Le roman policier scandinave, et plus particulièrement norvégien, est l’un des plus créatifs de ces seize dernières années. Ses auteurs, bien qu’ils n’innovent pas réellement, se montrent souvent originaux. Anne Holt, mais aussi Karin Fossum, Gunnar Staalesen, Lindell Unni et Jo Nesbo, pour les plus connus, produisent une oeuvre très intéressante, mêlant avec beaucoup d’adresse des énigmes complexes, une psychologie des personnages bien développée ainsi que diverses observations sociologiques sur la société moderne.

En effet, les sujets abordés sont très variés, les lieux mis en scène couvrent tout le territoire norvégien, offrant au lecteur occidental une peinture riche, sans complaisance, à travers un regard acéré, qui traque les moindres défaillances du système, mais sait aussi montrer la Norvège dans ce qu’elle a d’attachant.

Un peu d’histoire

Selon le dramaturge et journaliste Nils Nordberg, spécialiste du sujet, le premier roman policier norvégien serait « Le Meurtre du constructeur de machines Rolfsen » de Maurits Hansen, (né le 5 juillet 1794 et mort le 16 mars 1842), publié en 1839.

Gunnar Staalesen
, quant à lui, observe que le dramaturge Henrick Ibsen développe, dans son oeuvre, « une forme qui, à n’en pas douter, ressemble beaucoup à une histoire criminelle dans laquelle les secrets du passé sont progressivement dévoilés. »

Entre 1910 et 1925, Stein Riverton (1884-1934), pseudonyme du journaliste Sven Elvestad, a publié 60 romans policiers avec lesquels il connut un grand succès. Encore aujourd’hui, il fait figure d’auteur de référence dans les pays nordiques et est régulièrement réédité. « Le Char de Fer », considéré comme son meilleur ouvrage, a été adapté en BD. Prenant souvent pour cadre des hôtels, des pensions de famille ou des cafés, ses histoires s’articulent autour du détective Asborn Krog et traitent du développement de la technique et des menaces qu’elle fait planer sur les êtres humains.

Bien que l’occupation allemande empêchât les traductions, le besoin de s’évader par la lecture restait très vif. Nils Nordberg relève que malgré les grèves d’écrivains, le rationnement de papier et le boycott, 150 romans policiers furent oubliés entre 1941 et 1947. Ce sont souvent des romans à énigme comme ceux de Gerd Nyquist ( 1913-1984), surnommée l’Agatha Christie de la Norvège.

Mais les choses prennent une tout autre tournure lorsqu’en 1972 les éditions Gyldendal lancent une collection consacrée exclusivement à la littérature policière, calquée sur la « Série Noire » française, ouverte tant à des auteurs universellement reconnus qu’à de jeunes débutants. Gunnar Staalesen ou Jon Michelet (dont les romans, traitant de problèmes contemporains, ont été traduits dans de nombreux pays sauf en France) ainsi que d’autres y furent publiés.

Aujourd’hui, le genre policier fait bel et bien partie du paysage littéraire norvégien et des auteurs de littérature dite classique ne dédaignent pas à développer une intrigue policière dans leurs romans. Comme le souligne avec beaucoup d’humour Gunnar Staalesen, les auteurs norvégiens de romans policiers sont  « sans doute plus nombreux que les ours blancs. »

Les Auteurs

Auteur : Cathie L.

Ecrivain de romans historiques, chroniqueuse et blogueuse, passionnée de culture nordique et de littérature policière, thrillers, horreur, etc...

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