Jonas JONASSON : Le vieux qui voulait sauver le monde

Après avoir revisité les dramatiques événements du xxe siècle, le vieil artificier polyglotte a décidé de reprendre du service

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Jonas JONASSON - Le vieux qui voulait sauver le monde
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  • Éditions Presses de la Cité le 11 octobre 2018
  • Traduit par Laurence MENNERICH
  • Pages : 504
  • ISBN : 9782258153455
  • Prix : 22,00 €

Présentation de l'éditeur

Tout commence au large de Bali, avec une montgolfière et quatre bouteilles de champagne. Aux côtés de Julius, son partenaire dans le crime, Allan Karlsson s’apprête à fêter son cent unième anniversaire quand… patatras ! Le ballon s’échoue en pleine mer. Voici nos deux naufragés recueillis à bord d’un vraquier nord-coréen. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, il se trouve que l’embarcation, dépêchée par Kim Jong-un, transporte clandestinement de l’uranium enrichi. Ni une ni deux, Allan se fait passer pour un spécialiste de la recherche atomique, parvient à leurrer le dictateur et s’enfuit avec une mallette au contenu explosif… un néonazi suédois à ses trousses. De Manhattan à un campement kenyan en passant par la savane de Tanzanie et l’aéroport de Copenhague, Allan et son comparse se retrouvent au cœur d’une crise diplomatique complexe, croisant sur leur route Angela Merkel, Donald Trump ou la ministre suédoise des Affaires étrangères, se liant d’amitié avec un escroc indien au nom imprononçable, un guerrier massaï, une entrepreneuse médium engagée sur le marché du cercueil personnalisé et une espionne passionnée par la culture de l’asperge.

Après avoir revisité dans Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire les dramatiques événements du xxe siècle, le vieil artificier polyglotte a décidé de reprendre du service pour une petite mission : sauver le monde ! Une leçon de géopolitique échevelée, instruite et hilarante.

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Arnar Már ARNGRIMSSON : Viré au vert

Sölvi, un adolescent solitaire et agressif, passe l’été chez sa grand-mère, dans une ferme reculée de l’Islande.

Islande
Arnar Mar ARNGRIMSSON - Vire au vert
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  • Éditions Thierry Magnier le 24 octobre 2018
  • Traduit par Jean-Christophe Salaün
  • Pages : 340
  • ISBN : 9791035202002
  • Prix : 16,90 €

Présentation de l'éditeur

Sölvi, un adolescent solitaire et agressif, passe l’été chez sa grand-mère, dans une ferme reculée de l’Islande. Peu à peu, il s’habitue à la vie à la campagne. (©Electre 2018)

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Arnaldur INDRIDASON : Les fils de la poussière

L’enquête est menée parallèlement par le frère de la victime et par une équipe de policiers parmi lesquels apparaît un certain Erlendur !

Islande
Arni THORARINSSON - Les fils de la poussiere
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  • Éditions Métailié le 4 octobre 2018
  • Traduit par Eric BOURY
  • Pages : 288
  • ISBN : 9791022608251
  • Prix : 21,00 €

Présentation de l'éditeur

Paru en 1997, Les Fils de la poussière, premier roman d’Arnaldur Indridason, a ouvert la voie au polar islandais en permettant à ce genre littéraire d’accéder enfin à la reconnaissance et d’acquérir ses lettres de noblesse en Islande.

Le récit s’ouvre sur le suicide de Daniel, quadragénaire interné dans un hôpital psychiatrique de Reykjavík. Au même moment, un vieil enseignant, qui a eu Daniel comme élève dans les années 60, meurt dans un incendie. Le frère de Daniel essaie de découvrir ce qui liait ces deux hommes et comprend graduellement que, dans les années 60, certains enfants ont servi de cobayes dans le cadre d’essais pharmaceutiques et génétiques qui ont déraillé…

L’enquête est menée parallèlement par le frère de Daniel et par une équipe de policiers parmi lesquels apparaît un certain Erlendur, accompagné du jeune Sigurdur Oli et d’Elinborg.

Dès ce premier roman, on trouve tous les éléments qui vont faire le succès international qu’on connaît.

Au moment où il écrit ce roman, après des études d’histoire, Arnaldur Indridason est journaliste chargé de la rubrique cinéma dans le principal journal de Reykjavík. Il est le fils d’un écrivain reconnu, ce qui est aussi un défi.

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Vilhelm MOBERG : La saga de émigrants

Au XIXe siecle, un groupe de Suédois décident d’émigrer vers le Nouveau Monde.

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Voici l’histoire des premiers pionniers suédois partis conquérir l’Amérique et comment leur vint l’idée de s’expatrier. Les paysans du Småland, une province du sud-est de la Suède, vivaient paisiblement de leurs terres. Vers le milieu du xixe siècle, cet ordre immuable commença à trembler sur ses bases. Les terres sans cesse divisées par les héritages vinrent à manquer. Et les échos venus d’au-delà de l’Océan donnèrent des envies de liberté.

Vilhelm MOBERG - La saga de emigrants - 01
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Présentation de l'éditeur

Autour de Kristina et Karl Oskar, un groupe de Suédois décident d’émigrer vers le Nouveau Monde. Des paysans, valet de ferme, prédicateur, prostituée, quittent la Suède du XIXe siècle pour l’Ouest. Leur aventure est celle d’une vie entière, l’épopée du déracinement et du nouveau départ. Témoignage unique de l’histoire de la Suède et fabuleuse aventure humaine.

  • Éditions Gaïa en mai 2013 (nouvelle éditions)
  • Traduit par Philippe Bouquet
  • Pages : 971
  • ISBN : 9782847203189
  • Prix : 28,00 €
Vilhelm MOBERG - La saga de emigrants - 02
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Présentation de l'éditeur

Autour de Kristina et Karl Oskar, un groupe de Suédois décident d’émigrer vers le Nouveau Monde. Des paysans, valet de ferme, prédicateur, prostituée, quittent la Suède du XIXe siècle pour l’Ouest. Leur aventure est celle d’une vie entière, l’épopée du déracinement et du nouveau départ. Témoignage unique de l’histoire de la Suède et fabuleuse aventure humaine.

  • Éditions Gaïa en mai 2013 (nouvelle éditions)
  • Traduit par Philippe Bouquet
  • Pages : 878
  • ISBN : 9782847203196
  • Prix : 28,00 €

Cette saga est paru quelques années plutôt en 5 volumes aux éditions Livre de Poche.

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L’AVIS DE FRANÇOIS R.

Lors d’un séjour chez des amis suédois à Växjö, Ingemar – notre hôte – a évoqué le roman de Vilhelm Moberg et nous a emmenés au musée de l’émigration où sont présentés documents et archives à propos des Suédois partis aux USA au milieu du XIX°s. Ces Américains descendant de ces Suédois sont nombreux à venir sur les traces de leurs ancêtres et visitent ce musée, épluchent les archives. C’est là que j’ai pris conscience de ce qu’a pu être cette émigration vers les USA (1/4 à 1/5 de la population) ; phénomène que la France – pays d’immigration – n’a jamais connu.

Fouinant récemment dans une librairie j’ai trouvé par hasard le tome 1 de la saga. Je l’ai acheté et … et dès les premières pages j’ai été « pris ». Dans la foulée j’ai lu le 2 et le 3. J’attaque le 4.

Je n’ai lu que des bonnes critiques sur internet, je n’ajouterai donc pas la mienne. En revanche, je voudrais féliciter le traducteur qui a fait un travail remarquable, me semble-t-il. (mon suédois est trop rudimentaire pour que je sois totalement affirmatif sur ce point). Rendons lui grâce car trop de romans étrangers sont « victimes » de mauvaises traductions, ce qui, pour moi, les rends illisibles.

Ouvrage à recommander à tous.

Lars MYTTING : Les seize arbres de la somme

Lars Mytting signe une saga romanesque passionnante. Re­montant les cercles du temps

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Lars MYTTING - Les seize arbres de la somme
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  • Éditions Actes Sud le 1 novembre 2017
  • Traduit par Céline Romand-Monnier
  • Pages : 419
  • ISBN : 9782330082239
  • Prix : 23,50 €

Présentation de l'éditeur

En 1971, un jeune couple franco-norvégien trouve la mort au fond d’un étang de la Somme dans d’étranges circonstances. Edvard, leur fils de trois ans, est porté disparu. Il n’est retrouvé que quatre jours plus tard, à une centaine de kilomètres du lieu du drame. Comment le petit garçon a-t-il échoué là ? Où était-il pendant tout ce temps ? Et pourquoi ses parents s’étaient-ils aventurés en pleine nuit dans cette forêt encore truf­fée d’obus et de grenades à gaz datant de la Première Guerre mondiale ?

Élevé par son grand-père dans une ferme isolée en Nor­vège, Edvard n’a jamais su ce qui s’était réellement passé en France. Lors du décès de son aïeul, il apprend qu’un cercueil magnifique en bois précieux a été livré aux pompes funèbres quelques années auparavant, envoyé par son grand-oncle, un ébéniste d’exception. Celui-ci est pourtant mort depuis des décennies… Des îles Shetland aux champs de bataille de la Somme, le jeune homme part sur les traces de ce cercueil mys­térieux, sans savoir encore qu’il va exhumer les secrets d’une histoire familiale étroitement liée aux conflits qui ont meurtri le siècle.

Lars Mytting signe une saga romanesque passionnante. Re­montant les cercles du temps comme on explore les cernes d’un arbre, il développe patiemment les ramifications d’une fresque familiale puissante aux nœuds sensibles et douloureux comme le souvenir des blessures.

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Tomas ESPEDAL : Gens de Bergen

Tomas Espedal s’affirme comme la voix la plus singulière et intemporelle de la littérature norvégienne contemporaine.

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Tomas ESPEDAL - Gens de Bergen
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  • Éditions Actes Sud en avril 2017
  • Traduit par Terje SINDING
  • Pages : 160
  • ISBN : 9782330075712
  • Prix : 17,00 €

Présentation de l'éditeur

Séjournant à New York ou Berlin, en Italie ou dans sa ville natale – Bergen –, Tomas Espedal poursuit son voyage littéraire et existentiel. Avec en poche Gens de Dublin, de James Joyce, il arpente les rues et laisse son esprit vagabonder entre souvenirs et anecdotes, chagrins d’amour et polémiques, petites observations et grands questionnements. Il prend des notes, s’interroge, écrit dans son journal intime et brosse le portrait du lieu et de ses habitants. Révélant la poésie dans les détails insignifiants de la vie, il transforme les choses les plus anodines en littérature.

Pour cet autoproclamé “ouvrier de l’écrit”, c’est en décortiquant les expériences jusqu’à l’os que l’on peut espérer toucher à l’essentiel. Par ce roman hybride, organique et éperdument inclassable, Tomas Espedal s’affirme comme la voix la plus singulière et intemporelle de la littérature norvégienne contemporaine.

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Mikael BERGSTRAND : Aventures de Göran et Yogi – 03 – Le gourou de la Baltique

Dernier épisode des aventures de Göran et Yogi, Mikael Bergstrand, avec la légèreté et l’humour ravageur qu’on lui connaît, excelle à dépeindre le lent cheminement intérieur d’un homme

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Mikael BERGSTRAND -gourou de la Baltique
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  • Éditions Gaïa en juin 2016
  • Editions Babel en juin 2018
  • Traduit par Emmanuel Curtil
  • Pages : 475
  • ISBN : 9782330103293
  • Prix : 9,90 €

Présentation de l'éditeur

Après le mariage réussi de ses amis Yogi et Lakshmi en Inde du Sud, le Suédois Göran Borg revient chez lui d’humeur maussade : son compte en banque a mauvaise mine, sa recherche de travail patine, et sa relation avec KBT, son ancienne thérapeute, s’avère plus compliquée que prévu.

Mais la visite impromptue de Yogi à Malmö l’arrache à ses préoccupations. Les deux compères partent sillonner la campagne scandinave où Yogi s’étonne des excentricités de ses habitants. Comme par magie, l’impétueux Indien se retrouve bientôt investi de vertus guérisseuses, allant de la faculté de résoudre les problèmes de couple à celle de retrouver les animaux égarés. Bientôt surnommé “le gourou”, rien ne peut l’arrêter…

Dans ce dernier épisode des aventures de Göran et Yogi, Mikael Bergstrand, avec la légèreté et l’humour ravageur qu’on lui connaît, excelle à dépeindre le lent cheminement intérieur d’un homme vers la voie – pas si ésotérique que ça – de l’amour et de l’acceptation de soi.

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Mikael BERGSTRAND : Aventures de Göran et Yogi – 02 – Dans la brume du Darjeling

Neuf mois après un voyage en Inde dont il avait cru revenir transformé à jamais, le Suédois Gorän Borg a déjà repris ses mauvaises habitudes

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Mikael BERGSTRAND - Aventures de Goran et Yogi - 02 - Dans la brume du Darjeling
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  • Éditions Gaïa en mai 2015
  • Editions Babel en juin 2017
  • Traduit par Emmanuel Curtil
  • Pages : 480
  • ISBN : 9782330078812
  • Prix : 9,80 €

Présentation de l'éditeur

Neuf mois après un voyage en Inde dont il avait cru revenir transformé à jamais, le Suédois Gorän Borg a déjà repris ses mauvaises habitudes : il s’empiffre à nouveau de glace Ben & Jerry’s en pestant contre ses collègues et en s’apitoyant sur son sort. Seule bouée de sauvetage psychologique : le mariage imminent de son ami indien Yogi, prétexte qui le mènera bientôt, au gré d’une série d’aventures plus rocambolesques les unes que les autres, jusqu’aux plantations brumeuses du Darjeeling et dans l’État du Sikkim. Dépaysement et bonne humeur garantis.

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Mikael BERGSTRAND : Aventures de Göran et Yogi – 01 – Les plus belles mains de Delhi

Göran Borg, divorcé, la cinquantaine, vient de se faire virer. Il accepte de suivre en Inde son ami Erik, animateur de voyages organisés.

Suede
Mikael BERGSTRAND - Aventures de Goran et Yogi - 01 - Les plus belles mains de Delhi
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  • Éditions Gaïa en mars 2014
  • Editions Babel en avril 2016
  • Traduit par Emmanuel Curtil
  • Pages : 438
  • ISBN : 9782330061371
  • Prix : 9,70 €

Présentation de l'éditeur

Göran Borg, divorcé, la cinquantaine, vient de se faire virer. Il accepte de suivre en Inde son ami Erik, animateur de voyages organisés. Là-bas, il découvre un nouveau monde et rencontre la belle Preeti, directrice d’un salon de manucure, qui va bientôt faire chavirer son cœur, ses préjugés d’Occidental, et peut-être même son existence tout entière… Un roman léger, coloré et réjouissant, par celui qui est considéré en Suède comme le pendant masculin de Katarina Mazetti.

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Audur Ava OLAFSDOTTIR : Ör

Ör est le roman poétique et profond, drôle, délicat, d’un homme qui s’en va, en quête de réparation.

Islande
Audur Ava OLAFSDOTTIR : Ör
ÖR
  • Éditions Zulma le 5 octobre 2017
  • Traduit par Catherine Eyjólfsson
  • Pages : 240
  • ISBN : 9782843048067
  • Prix : 19,00 €

Présentation de l'éditeur

Se décrivant lui-même comme un « homme de quarante-neuf ans, divorcé, hétérosexuel, sans envergure, qui n’a pas tenu dans ses bras de corps féminin nu – en tout cas pas délibérément – depuis huit ans et cinq mois », Jónas Ebeneser n’a qu’une passion : restaurer, retaper, réparer. Mais le bricoleur est en crise et la crise est profonde. Et guère de réconfort à attendre des trois Guðrún de sa vie – son ex-femme, sa fille, spécialiste de l’écosystème des océans, un joli accident de jeunesse, et sa propre mère, ancienne prof de maths à l’esprit égaré, collectionneuse des données chiffrées de toutes les guerres du monde… Doit-il se faire tatouer une aile de rapace sur la poitrine ou carrément emprunter le fusil de chasse de son voisin pour en finir à la date de son choix ? Autant se mettre en route pour un voyage sans retour à destination d’un pays abîmé par la guerre, avec sa caisse à outils pour tout bagage et sa perceuse en bandoulière.

Ör est le roman poétique et profond, drôle, délicat, d’un homme qui s’en va, en quête de réparation.

Notre Avis

Ör (mot signifiant « cicatrice » en islandais) en version originale éditée en 2016, traduit par Catherine Eyjolfsson, a été publié par les éditions Zulma en 2017. Il est le cinquième roman de l’auteure islandaise. Raconté à la première personne, il se compose de chapitres plus ou moins longs s’enchaînant au fil des pages sans autre transition que des titres souvent insolites, tel que « Le temps est plein de chats morts » ou que « Une cicatrice est une formation dermique anormale là où une plaie ou une lésion s’est refermée. »

Un rythme lent caractérisé par de nombreux passages introspectifs et de scènes minutieusement décrite : « Il enfile des maniques rouges, ouvre le four, tire avec précaution la grille et plonge le thermomètre à sonde dans le gâteau (…) Il verse de la crème dans un bol et branche le batteur. Il me tourne le dos, concentré sur sa tâche. Une fois la crème battue, il rince les pales et les met dans le lave-vaisselle. » (Page 40) =>Comme si le temps avait suspendu son vol afin de s’attarder un infime instant sur la destinée de Jonas, un homme banal qui se rend compte qu’il s’est perdu, noyé dans tout ce qui n’est pas essentiel.

Le style est moins fantaisiste, plus dense, plus essentiel que les romans précédents, tendance sans doute justifiée par le thème grave développé par Ör : la vie/la mort, le souvenir que l’on laisse derrière soi : « Vers la fin de la semaine prochaine, le monde tournera sans moi? Que disent les prévisions météo dans ce monde sans moi ? » (Page 77) ; mais aussi la guerre dans ce qu’elle a de plus absolu, dans cette vision plus cruciale des priorités de survie : « Il devait faire un geste au moment de recevoir une balle. Nous avons rejoué la scène six fois avec des litres de faux sang. Le soir venu, on s’est bien amusés. Tout n’était que bluff alors. Et puis tout est devenu réel et le film ne voulait plus rien dire. » (Page 145).

L’intrigue

Jonas vit seul depuis qu’il s’est séparé de sa femme Gudrun, huit ans plus tôt. Son quotidien se résume à son travail, les irruptions de son voisin Svanur qui ne comprend pas sa femme Aurore, sa fille Nymphéa qui n’est pas sa fille, sa mère Gudrun placée en maison de retraite et son ex-femme Gudrun qui s’inquiète pour lui. Conscient de la vacuité de cette existence qui ne lui apporte plus rien, il décide de se supprimer. Mais comme il ne veut pas infliger la découverte de son cadavre à sa fille, il décide de partir dans un pays en guerre où les chances de disparaître de la surface de la terre sans laisser de trace sont plus probables.

Une fois ses affaires en ordre, il quitte l’Islande avec pour tout bagage une petite caisse à outils et sa perceuse. Arrivé dans le pays qu’il a choisi, il s’installe dans un hôtel qui vient juste de rouvrir ses portes à la faveur d’un armistice signé entre les belligérants depuis peu. Entre ses souvenirs mêlés à des questions existentielles et ses errances dans une ville profondément marquée par les stigmates de la guerre, Jonas prend conscience de la non-légitimité de ses états d’âme comparé à ces gens pour qui chaque jour écoulé est une victoire sur la mort. Sa vison des choses va alors changer du tout au tout.

Les personnages

Des portraits esquissés finement, comme dans une aquarelle aux couleurs un peu passées, des personnages en quête de leur vérité dans un monde qu’il ne comprennent pas toujours. Le choix de prénoms identiques pour les trois générations de femmes qui gravitent autour de Jonas  symbolise l’impression d’enfermement qu’il ressent, justifiant son besoin d’évasion, de quête de soi…

• Jonas Ebeneser : narrateur ; un frère, divorcé, une fille de 25 ans ; a fait une année d’études philosophiques avant de reprendre l’entreprise familiale ; a encore tous ses cheveux coiffés en brosse.
• Gudrun Stella Jonasdottir Snaeland : mère de Jonas, ancien professeur de mathématiques et organiste ; vit en maison de retraite ; lui rend visite une fois par semaine.
• Gudrun : ex-femme de Jonas ; cheveux roux, teint rosé, taches de rousseur.
• Gudrun Nymphéa : fille de Jonas ; célibataire ; spécialiste en biologie marine.
• Svanur : voisin de Jonas; mécanicien ; porte des lunettes à verres épais ; ses deux sujets de préoccupation sont les véhicules à moteur et la condition des femmes dans le monde.
• Fifi : gérant de l’hôtel ; jeune homme d’une vingtaine d’années ; parle très bien anglais.
• May : soeur de Fifi avec lequel elle gère l’hôtel qui appartient à leur tante partie en exil ; veuve, un enfant.
• Adam : fils de May.

Les lieux

L’hôtel où Jonas s’est réfugié pour se suicider est situé dans un pays en guerre dont le nom n’est pas révélé, anonymat attestant que la situation de pays dévasté par la guerre n’a malheureusement rien d’exceptionnel. Il est touchant de voir combien les deux jeunes gens qui gèrent l’hôtel, malgré leurs blessures et leurs souffrances, concentrent tous leurs efforts à tenter de se reconstruire une existence qui ait à nouveau un sens: Fifi restaure les mosaïques de la cave; May entreprend avec l’aide de Jonas de menues réparations en vue d’une éventuelle future saison touristique. L’hôtel Silence, ancienne destination touristique appréciée pour ses sites archéologiques et ses bains de boue réputés, est situé au bord de la mer, à une heure de route de l’aéroport.

En conclusion

Un peu déstabilisée par le style moins fantaisiste de ce cinquième roman, j’ai éprouvé quelques difficultés à pénétrer dans cette histoire, mais au final j’ai été bouleversée par ce récit pudique et profond qui a le mérite de faire réfléchir sur la valeur que l’on donne à la vie humaine avec beaucoup de délicatesse non dénuée de poésie. Comme à son habitude, Zudur Ava Olasfdottir nous propose avec Ör un très beau moment de lecture.

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Eric EYDOUX : Le chemin de la trahison – La Norvège à l’heure de Quisling

Le chemin de la trahison est le premier ouvrage en langue française consacré à cette période de l’histoire de la Norvège.

France
Eric EYDOUX - Le chemin de la trahison
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  • Éditions Gaïa en mai 2018
  • Pages : 384
  • ISBN : 9782847208542
  • Prix : 23,00 €

Présentation de l'éditeur

Le 9 avril 1940, Hitler lance ses troupes à l’assaut de la Norvège. Au petit matin. Sans crier gare. C’est alors qu’un homme sort de l’ombre, Vidkun Quisling. Voilà venue son heure, celle de son rendez-vous avec l’Histoire. Quisling prend le pouvoir et fait allé­geance à Hitler. L’Occupation allemande durera cinq ans.

Aujourd’hui le patronyme Quisling est devenu synonyme de traître, l’anglais allant même jusqu’à forger le néologisme to quisle. Les faits sont là. La haute trahison avérée.

Le chemin de la trahison est le premier ouvrage en langue française consacré à cette période de l’histoire de la Norvège.

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Sören KIERKEGAARD : Oeuvres

Danemark

Tome 1

Soren KIERKEGAARD - Oeuvres 1
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  • Pages : 1312
  • ISBN : 9782070114269
  • Prix : 62,00 €

Tome 2

Soren KIERKEGAARD - Oeuvres 2
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  • Pages : 1472
  • ISBN : 9782070114276
  • Prix : 63,00 €

Présentation de l'éditeur

Philosophe peu soucieux de se reconnaître tel, Kierkegaard partage avec quelques autres géants, avec Nietzsche par exemple, le privilège, si c’en est un, de trouver de nombreux lecteurs parmi les non philosophes. La question, ici, n’est pas de se demander s’il faut voir en lui un antiphilosophe, comme le voulait Sartre. Ni de rappeler, même si c’est vrai, et la présente édition ne néglige pas tout à fait cet aspect de son œuvre, qu’il fut aussi ou surtout un penseur religieux. Il s’agit plutôt de souligner ce qui saute aux yeux quand on ouvre ses livres : les ouvrages philosophiques de Kierkegaard ne sont pas écrits comme le sont habituellement les traités de philosophie. Généralement dissimulé sous des pseudonymes qui brouillent les cartes, leur auteur est un digter. Le danois digt renvoie à la fantaisie, à l’imagination, à la rêverie, à la fiction même. Digter est souvent traduit par «poète». Et de fait les «Diapsalmata» (dans Ou bien… ou bien) ou l’éloge d’Abraham (dans Crainte et tremblement) sont de véritables poèmes en prose, tandis que d’autres textes («Journal du séducteur», «Coupable… non coupable») pourraient passer pour des chapitres de romans, que certaines pages, telle l’histoire de ce roi amoureux d’une jeune fille dans les Miettes philosophiques, semblent relever du conte, et que d’autres encore, par exemple la marche d’Abraham et d’Isaac dans Crainte et tremblement, ont une structure dramatique.

Écrivain à coup sûr. Philosophe pourtant, «mais d’une philosophie qui veut être philosophie en étant non-philosophie» (Merleau-Ponty). À cette (non-)philosophie on est souvent arrivé, en France notamment, par le biais de l’existentialisme, qui fut peut-être la «nouvelle conscience culturelle» dont Kierkegaard lui-même prédisait l’avènement. Mais un tel cheminement ne va pas sans quelque malentendu et passe volontiers par profits et pertes l’ancrage (et le mot est faible) de ce Danois dans le luthéranisme, dans son milieu (piétiste) et dans son époque (romantique). Il serait évidemment vain de prétendre n’expliquer Kierkegaard, cette énigme, que par sa sensibilité à la figure de son puritain de père, par sa rupture avec la trop célèbre Régine Olsen, ou par la violence de ses querelles avec l’Église danoise. Mais tout aussi inutile (et l’on s’est efforcé d’éviter cet écueil dans ces volumes) d’exiger de lui des réponses à des questions philosophiques qu’en son temps il ne pouvait pas se poser.

C’est d’autant moins utile que les questions qu’il se pose sont de tous les temps et que chaque génération pourrait, pour des raisons qui lui seraient propres et seraient chaque fois différentes, faire siens les propos de Denis de Rougemont qui en 1934, dans le contexte de la montée des totalitarismes, voyait en Kierkegaard «le penseur capital de notre époque, nous voulons dire : l’objection la plus absolue, la plus fondamentale qui lui soit faite, une figure littéralement gênante, un rappel presque insupportable à la présence dans ce temps de l’éternel». L’article de Rougemont s’intitulait «Nécessité de Kierkegaard». Ce titre conserve son actualité.

Parution en 2 volumes dans la collection Bibliothèque de la Pléiade :

  • Tome 1 (n° 631)
  • Tome 2 (n° 632)

Parution également dans un coffret de deux volumes vendus ensemble

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